28/04/2009

Phnom Penh

Phnom Penh : Day 59

08/04/2009 :

Je me réveille tôt et vais petit-déjeuner vers 07h30. 07h55, je me poste en face de la guesthouse pour attendre le tuk-tuk qui doit m'amener à la gare routière. 08H10, toujours rien à l’horizon. Je commence un peu à m’inquiéter, car je ne veux absolument pas rater le bus pour Phnom Penh. 08h15, le voilà enfin ! Fort heureusement, j'arrive à la station pile à 08h30. Là, première constatation ; le bus de la nouvelle compagnie Sok Sokha n’est pas tout à fait prêt de partir. Deuxième constatation, contrairement à ce que je pouvais  imaginer, le bus est flambant neuf et d’une propreté impeccable. L’air-conditionné est très efficace et la charmante hôtesse est d’une serviabilité à toute épreuve. Le luxe.

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Ce qui me chiffonne, par contre, c’est que je suis le seul ‘blanc’ dans le bus. Pas que je sois raciste, bien au contraire, mais je sais par expérience que les locaux accordent peu d’importance à la sécurité et sont habitués dès leur naissance à circuler sur des routes dangeureuses où les conducteurs kamikazes sont légions. Ceux qui ont déjà pris le bus ou le taxi en Asie savent de quoi je parle. Pour les autres, je les invite vivement à consulter les liens youtube ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=fDkhVbsSprU

http://www.youtube.com/watch?v=RjrEQaG5jPM

http://www.youtube.com/watch?v=y_5uMtPqPtQ

Très marrant à regarder, mais pas du tout rassurant quand vous faites partie de la circulation surtout pour moi qui ait une frousse bleue des moyens transports sur route. Juste pour la petite anecdote, si je devais accorder des médailles de la conduite totalement irresponsable aux villes asiatiques que j’ai eu l’occasion de visiter, je remettrais la médaille d’or à Mumbai (Bombay), la médaille d’argent reviendrait à Hanoi et celle de bronze à Phnom Penh.

Pourtant, le voyage retour vers Phnom Penh se déroule sans encombre. Comme Sok Sokha est une toute nouvelle compagnie qui cherche à se faire connaitre des touristes, je suis soigné aux petits oignons. A notre arrivée à l’agence de la compagnie, je suis immédiatement pris en charge par le personnel. Vu l’accueil et la qualité des bus, j'achète un nouveau billet pour nous rendre à Siem Reap (temples d’Angkor) le lendemain matin (7$) Après avoir réservé le billet, on me conduira en mini-van au quartier du lac Kak. Sur place, je choisis de loger à la Guesthouse Number 9 qui dispose d’une multitude de chambres arrangées dans des baraquements de bois sur pilotis. L’endroit est également plus aéré et convivial que sa voisine Lakeside Guesthouse Number 10 où j'avais logé précédemment (voir Day 53 & 54). Prix de la chambre : 5$.   

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Il est déjà 14h et je suis affamé. J'irai me restaurer et consulterai ensuite mes mails (connexion Internet toujours aussi pitoyable). Vers 15h00, je parcours quelque peu le petit quartier routard du lac Kak que je découvre pour la première fois en pleine journée. Ce dernier, repère de backpackers, de rabatteurs et de vendeurs de marijuana n’est finalement pas si désagréable que cela, malgré son aspect un peu ghetto et le fait que je ne suis habituellement pas fan de ce genre d’endroit.

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Je quitte le quartier du lac, parcours longuement le boulevard Monivong et bifurque à gauche à hauteur de l’hôtel Royal, le plus prestigieux de la ville, afin de rejoindre le Wat Phnom, sanctuaire sacré qui a donné son nom à la capitale. Le Wat est bâti au sommet d’une petite colline de 30 mètres de haut et est l’objet d’une véritable adoration de la part des fidèles. Je m'acquitte d’1$ pour y accéder et suis très déçu par l’endroit et le peu d’intérêt qu’il suscite à mes yeux. Le parc qui entoure le Wat est bien plus agréable et permet d’échapper quelques instants à la circulation et aux bruits de la ville. La journée seulement, car à la nuit tombée, il paraitrait que le parc soit le lieu de rendez-vous des prostituées de la ville.

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Je me balade dans le quartier bordant le fleuve Tonlé Sap et retourne ensuite à la guesthouse par le même chemin. Vers 17h00, je prends place sur la terrasse sur pilotis de l’hôtel et bois quelques pichets de bière profitant ainsi d’un superbe coucher de soleil sur le lac. Ambiance bon enfant. Tout autour de moi, le public jeune et bohème fume ostensiblement de gros pétards bien parfumés.

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Vers 20h00, j'irai manger un Amok. Vers 21h00, masochistes comme je suis, je retourne une énième fois consulter mes mails et surtout tenter de mettre à jour le blog. Sans succès. Vers 22h30, je prends part à une petite fête organisée dans la rue par les Cambodgiens. Le nouvel an Khmer (fête de l’eau nommée Songkhran en Thaïlande) approche à grands pas et les locaux, d’un naturel joyeux et fêtard, n’ont jamais besoin de plus de prétexte pour faire la fête. On me propose à manger et à boire et surtout on m'invite à danser avec eux. J'ai beaucoup aimé. J'irai ensuite retrouver mon lit, car demain, un long trajet m'attend !   

26/04/2009

Sihanoukville

Sihanoukville : Day 58 

07/04/2009:

Rituel immuable, je sors du lit vers 08h00, petit-déjeune à la guesthouse et passe ma matinée au cybercafé. Vers 14h00, je me rends sur la plage que je parcours de long en large. Je rencontre à nouveau la femme aux langoustines dont j'avais fait la connaissance le premier jour. Je lui avais promis de lui acheter quelques langoustines une seconde fois et respecte me promesse. Je m'installe à une table, commande une boisson et des frites pour accompagner les fameuses langoustines.  

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Le reste de la journée consistera à ne rien faire de particulier. En soirée, j'irai réserver mon billet de bus pour me rendre le lendemain matin à Phnom Penh (08/04/2009). En soirée, je reviendrai une dernière fois sur la plage pour un ultime barbecue.

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Sihanoukville : Day 57

06/04/2009 :

Tout comme la veille, je me réveille vers 08h00, prépare mes bagages et quitte la guesthouse Rega pour me rendre dans une autre où le prix de la chambre est bien plus attractif (5$). Je prends mon petit-déjeuner et irai ensuite au cybercafé.

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Vers 14h00, je pars me restaurer sur la plage et commande du barracuda, du calamar et des crevettes grillés au barbecue. Tout comme la veille, je passerai une après-midi "farniente" sur la plage. Vers 17h45, même rituel, je me rends au cybercafé. Retour ensuite à la guesthouse, je prendrai une douche et me prépare pour le repas du soir.

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Ce soir, je décide de manger sur la plage. Choix judicieux, car je suis véritablement jubjugué par l'atmosphère un peu bohème et surtout très intime de ce bord de mer. Pour ne pas changer mes bonnes habitudes, je commanderai une enième fois quelques poissons et fruits de mer cuits au barbecue. Exquis. Je profiterai également des happy hours pour boire quelques bières au fût (0,5$). Je resterai quelques heures à profiter de ce cadre enchanteur et contemplerai avec plaisir le magnifique ciel étoilé.


Sihanoukville : Day 56

05/04/2009 :

Réveil vers 08h00 ce matin. Comme à son habitude, le soleil n’a pas oublié d’être au rendez-vous, mais est-ce donc là une révélation ? Certainement pas dans cette région du monde ! Je passerai la matinée au cybercafé et devrai faire preuve de beaucoup de patience face à cette connexion Internet de piètre qualité. Vers 14h00, je me rends sur la plage et m'installe en face d’un beach shack (hutte sur la plage). Calamars et crevettes-tigres grillés au barbecue aujourd'hui. Après le repas, je marcherai quelque peu sur la plage. Le sable est terriblement brulant, impossible de se déplacer sans mes tongs. Ensuite, quelques heures de farniente allongé sur un transat. La dolce vita !  

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En soirée, je retournerai à nouveau au cybercafé. Agacé par cette connexion pitoyable, je me résignerai enfin à abandonner l'ider de pouvoir mettre à jour le blog. Au moment ou je quitte le cybercafé, un orage éclate et une pluie diluvienne se met à tomber sur Sihanoukville. Comme vous pouvez vous l'imaginer, j'arriverai trempé à l'hôtel.

Ce soir, je décide de manger au restaurant de la guesthouse, car le cadre y est très agréable. Malheureusement, le service laisse à désirer malgré le fait que je suis le seul client ce soir. L'établissement est tenu par une Française, je me réjouis donc de trouver certains plats de chez nous qui commencent quelque peu à me manquer. Je remarque sur la carte qu'une assiette de fromages est disponible à 5$, super ! Je demande au serveur cambodgien un peu plus de renseignements à ce sujet, mais ce dernier n'est bien entendu pas en mesure de me répondre. Pas envie de commander une assiette de fromages pour recevoir quatre triangles de vache qui rit. Je lui demande alors de bien vouloir aller chercher la tenancière afin qu'elle puisse m'éclairer. Après 10 bonnes minutes, cette dernière se présente à notre table et me démontre à nouveau par son comportement à quel point l'accueil et le sens de l'hospitalité ne sont pas les qualités premières des Français. Soit, je sais au moins que je recevrai du bleu d'Auvergne, du camembert et du fromage de chèvre.

Quelques minutes plus tard, la fameuse assiette de fromages arrive enfin et je dois faire preuve de retenue pour ne pas éclater de rire à la vue de cette insignifiante quantité de fromage déposée sur une assiette tout aussi minuscule. Le serveur a sans doute oublié d'apporter la loupe qui allait avec le fromage.  

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Sihanoukville : Day 55

04/04/2009 :

Réveil vers 08h00. Je petit-déjeune et réalise le check-out de la chambre juste après. Je me rends ensuite à l’extérieur du bâtiment et attends le tuk-tuk envoyé par la compagnie de bus. Le tuk-tuk arrivera quelques minutes plus tard et me conduira à la station Paramount proche du quai Sisowath. Vers 09h45 le bus démarre enfin. 4 heures de route seront nécessaires pour rejoindre la station balnéaire de Sihanoukville où j'arriverai sain et sauf peu avant 14h00. A peine sorti du bus, je suis sollicités de tous côtés pour prendre un tuk-tuk, une moto-taxi ou un taxi afin de rejoindre mon lieu d’hébergement. Je négocie quelque peu et obtiens un taxi. Je compte loger à la guesthouse ‘le Manguier’ qui se trouve sur la plage de Serendipity. j'ai porté mon choix sur cet endroit sur base des recommandations du routard. Bien entendu, le chauffeur de taxi essaie par tous les moyens de me proposer un autre logement et me répète inlassablement que ‘le Manguier’ est fermé. Baratin classique et habituel, sauf que cette fois-ci, le taxi-driver dit vrai. Je m’en rends compte en arrivant sur place. Bravo le routard ! j'opte alors pour mon second choix la ‘guesthouse Rega’, tenue également par une Française. 'Rega' se trouve un peu plus au nord de la plage, mais le taximan m'y conduit sans demander le moindre supplément. Arrivé sur place, je prends une chambre à 12$/nuit comprenant un ventilateur et une douche chaude (basique selon vous, mais pas forcément la norme). La chambre est propre et agréable et surtout l’hôtel dispose d’un magnifique jardin aux hibiscus. Comme je n’ai plus rien à me mettre sur le dos, je dépose également 2 kilos de linges sales.

Il est presque 15h00 et j'ai les crocs. Je me mets en route pour la plage qui se trouve à moins de 200 mètres de l’hôtel. Je prends place dans le premier ‘shack’ (cabane sur la plage) que je rencontre et commande un sandwich au poulet. Juste après avoir passé la commande, une femme portant un plateau en osier rempli de langoustines vient m'accoster. Je ne résiste pas à la tentation et lui achète 10 petites langoustines pour 3$. Elle décortique le tout devant moi, saupoudre abondamment de poivre noir et presse la moitié d’un citron vert sur les crustacés. Exquis ! Je reste encore pas mal de temps sur la plage profitant de l’atmosphère paisible qui y règne. Je m’appliquerai à prendre quelques photos convenables, car pour être franc, je ne suis pas vraiment fan des photos ‘balnéaires’. J’ai toujours l’impression de manquer d’originalité et surtout de ne pas respecter correctement la ligne d’horizon.

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Fin d’après-midi, je pars à la recherche d’un cybercafé disposant d'une connexion convenable. Echec total, c’est à nouveau une véritable catastrophe. Pour une raison qui m'échappe, il ne m'est toujours pas possible d’accéder au blog. Je commence à en avoir un peu marre. Pour ne pas perdre de temps, je rédigerai tous mes textes via hotmail afin de pouvoir les sauvegarder et les mettre en ligne ultérieurement. Après quelques heures de travail intensif, je retournerai me préparer à l’hôtel et irai manger au restaurant, qui se trouve juste à côté. Ce soir, ce sera du White Snapper, du gratin dauphinois et des légumes cuits à la vapeur. Je craquerai aussi pour un dessert ; une glace vanille avec de gros morceaux de biscuits Oreo. Depuis que je me suis installé au restaurant, une averse s’abat sur Sihanoukville, impossible de bouger du resto. Je serai contraint de boire quelques bières en attendant l’accalmie J

22/04/2009

Phnom Penh

Phnom Penh : Day 54

03/04/2009 :

Réveil aux aurores. Malgré le confort extrêmement rudimentaire de ma chambre à 4$, je dois tout de même avouer que j'ai dormi à poings fermés et ce sans la moindre interruption. Je descends vers 08h30 pour le petit-déjeuner aux bords du lac Boeng Kak. Vue splendide pour bien débuter la journée. Vers 09h30, Andtree mon tuk-tuk driver vient me chercher à l’hôtel et me presse de partir au plus vite pour ne pas rater la projection du reportage relatant le lugubre passé de la tristement célèbre prison Tuol Sleng alias S-21. En effet, l’unique projection matinale débute à 10h00 et a lieu au musée du crime génocidaire logé dans les bâtiments de l’ancienne prison. Etrangement Kim n’est pas au rendez-vous et je suis très étonné par son absence. Peut-être a-t’il tout simplement mal compris l’heure ? Ce qui est certain par contre, c’est que je dois partir au plus vite, je ne peux plus attendre. Je traverserai en tuk-tuk quelques avenues très encombrées telle que l’artère principale de la ville le boulevard Monivong et arriverai à 10h05 en face du musée du crime génocidaire. Prix de l’entrée 4$. Andtree m'indique qu’il reviendra me chercher à la sortie  2h30 plus tard, ce qui me parait très long pour une simple visite, mais ce dernier m’assure que c’est un délai raisonnable. J’accepte, bien que je reste perplexe.

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Je traverse la cour intérieure vers ma droite et m'installe dans la salle de projection au deuxième étage du bâtiment D. Le film a déjà commencé, mais je ne suis finalement pas trop en retard. Bien que le reportage soit réalisé par France 3, tous les commentaires et sous-titrages sont en Anglais. La qualité de la bande sonore est plus que médiocre et j'éprouve beaucoup de difficultés à cerner un grand nombre de commentaires, passant à côté d’une mine d’informations essentielles. La projection incluant des images d’archives et des témoignages de rescapés dure environ une heure et donne le ton de la visite qui suivra. Entre 1975 et 1979, la prison S-21 fut la plus terrifiante de toutes. Aménagée par les Khmers rouges dans une ancienne école construite sous le protectorat français, elle a vu transiter environ 15.000 personnes subissant les tortures les plus immondes  avant d’être achevés dans le camp d’extermination de Choeung Ek http://en.wikipedia.org/wiki/Choeung_Ek à quelques kilomètres de Phnom Penh. Selon le guide du routard, seulement 7 prisonniers ont réussi à s’en sortir vivant, mais jamais aucun prisonnier n’a pu s’évader de là.

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La visite : 4 bâtiments au total à parcourir.

Je débute dans le désordre avec la bâtiment D pour la projection vidéo de 10h00 (voir commentaire ci-dessus). Je descends ensuite au 1er étage où j'observe des juxtapositions de photos anciennes et récentes de jeunes Khmers rouges repentis. Bien qu’un peu surpris au départ par cette démarche, je l’accepte cependant, car c’est une preuve manifeste de réconciliation entre les martyrs et leurs bourreaux, tous finalement victimes d’un système inhumain.

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Je termine la visite du bâtiment D par le rez-de-chaussée où toutes les cellules ont été enlevées pour créer une salle d’exposition présentant les innombrables méthodes de tortures employées par les KR ; fouet, utilisation de scorpions, arrachage des dents avec des pinces etc.

Je quitte le bâtiment D et rejoins le bâtiment C qui est resté en l’état rempli de minuscules cellules individuelles. Aux balcons, des barbelés empêchaient les prisonniers de se suicider. Prévoyants ces KR !

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Je traverse à nouveau la cour intérieure et me rends dans le sens opposé vers le bâtiment A, qui était utilisé par les KR pour les interrogatoires. Enchevêtrement de pièces vides de tout mobilier hormis d’un lit où les tortionnaires se livraient à leurs basses œuvres. Glauque. En sortant de l’annexe A, je prendrai connaissance du règlement des agents de sécurité (voir photo ci-dessous). Je trouve le point n°6 du règlement encore plus abjecte que les autres…

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Je terminerai enfin par le bâtiment B transformé en mémorial où je découvre des centaines de photos de vieillards, d’enfants, de jeunes hommes et femmes tous victimes de la folie meurtrière des KR. Ces derniers avaient la manie de ficher chaque détenus.

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Coïncidence, Douch, le responsable KR de la prison Tuol Sleng et ancien instituteur, est actuellement jugé par le tribunal cambodgien, son procès déchaine les passions, mais Douch est bien seul sur le banc des accusés. http://www.france24.com/fr/20090216-proces-tardif-khmer-rouge-ouvre-phnom-penh-cambodge-Douch 

Lieu cauchemardesque, mais visite essentielle à la compréhension du génocide cambodgien et peut-être aussi à celle du pays.  


Je sors de S21 et retrouve Andtree affalé dans son tuk-tuk. Il me propose de me conduire au marché russe, autre attraction réputée de la ville. Peu après, Andtree me dépose à l’entrée et me donne rendez-vous une heure plus tard pour me laisser le temps de découvrir le marché et de me restaurer sur place. Le marché russe est appelé ainsi car les Russes le fréquentaient massivement durant l’occupation vietnamienne. Je remarque vite qu’ils ne sont plus les seuls à côtoyer l’endroit, les touristes sont légions et d’origines diverses. On trouve de tout dans ce marché couvert ; alimentation, souvenirs, quincaillerie, dvd, t-shirts etc.  Franchement, je n'en garderai pas un souvenir mémorable, car c’est un marché asiatique comme les autres.

A 13h45, Andtree vient me chercher et me conduit à hauteur du monument de l’indépendance construit en 1958 cinq ans après l’indépendance du pays. Le monument, qui ne se visite pas, repose sur un gigantesque rond-point, je dois faire preuve de vigilance pour l’atteindre tant la circulation est dense.

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Je remonte à nouveau dans le tuk-tuk et reprenons la route en direction du palais royal et de la pagode d’argent où Andtree me déposera 10 minutes plus tard. Le guide du routard consacre deux pages entières à la description de ces deux joyaux architecturaux de Phnom Penh. Comme je ne souhaite pas abonder de commentaires superflus, je tenterai simplement de vous transmettre mes impressions et de citer les principales curiosités du site. L’endroit ressemble à s’y méprendre à Wat Phra Kheo de Bangkok (voir Day 4), mais en beaucoup plus sobre.

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Les curiosités principales : L’entrée principale du domaine royal nommé le pavillon Chan Chayan 

http://nl.wikipedia.org/wiki/Choeung_Ek

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la salle du trône, longue de 100m et sertie d’une flèche qui culmine à 60m de hauteur, où ont lieu les cérémonies de couronnement. La décoration intérieure y est de toute beauté, mais comme les photos sont interdites, il m’est impossible de vous le prouver.

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Nous passons ensuite au palais Napoléon III, construit et offert par la France en 1870. Même si l’architecture tout en fer est intéressante, force est de constater que le contraste avec les palais environnants est loin d’être une réussite. Dommage.

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Le palais Kemarin : le lieu de résidence de Sihanouk (précédent roi du Cambodge, qui a abdiqué en 2004 en faveur de son fils cadet) ne se visite pas. Impossible non plus de s’en approcher pour prendre une photo décente.

J'arrive finalement à la pagode d’argent sans doute la plus luxueuse du Cambodge, car son sol est pavé de 5000 carreaux d’argent de 1kg/pièce. On y trouve plusieurs trésors ; un bouddha d’émeraude (encore un, voir Day 4), un bouddha en or serti de plus de 2000 diamants et un bouddha de marbre originaire de Birmanie. Il ne m’est toujours pas possible de photographier l’intérieur de la pagode.

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Malgré le prix d’entrée assez prohibitif (6,5$), je sors enchanté par cette visite, qui est un véritable ravissement pour les yeux. Je n’imaginais pas pareil trésor, car il faut avouer que la notoriété du palais royal et de la pagode d’argent est bien faible par rapport à celle du Wat Phra Kheo de Bangkok. Un must.


Vers 17h00, je rejoins la sortie et retrouve Andtree qui m'attend sur son tuk-tuk. Je lui demande de me conduire sur les rives du fleuve Tonlé Sap et plus précisément sur le quai Sisowath décrit dans le routard comme la 'croisette' de Phnom Penh. Je veux bien les croire, mais je n’en ai rien vu, car des panneaux pour chantiers me barraient la vue.  

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Pas de croisette au programme. Un peu déçu, je proposons à mon sympathique tuk-tuk driver (j’adore dire et écrire ce mot) d’aller boire un verre. Il m'amène dans un café qu’il fréquente habituellement et nous commandons une ‘JAR’, un pichet rempli de bière Anchor (à ne pas confondre avec leur bière nationale Angkor dont le slogan est « My Country, my Beer »). Risible. Bref, la bière est bien fraiche et passe très facilement bien qu’elle n’ait rien d’exceptionnel. Elle passe tellement bien qu’Andtree se lache un peu et me fait part de sa vie privée. Chouette gars. Le pichet se vide rapidement et il me conduira ensuite ensuite à une agence de voyage où j'achèterai un ticket de bus pour me rendre le lendemain à Sihanoukville, station balnéaire du sud du Cambodge. Prix 6$ avec la compagnie Paramount.

Sa journée étant terminée, Andtree me reconduit à l’hôtel (si on peut appeler ça un hôtel) et salue ce dernier. J'irai prendre une douche et repartirai tout de suite après me restaurer dans le quartier routard du lac Kak, à deux pas de notre logement. Menu : pigeon grillé. Pas mal.

Dans le hall de notre hôtel, je croiserai Kim, mon ami coréen, qui ne cesse de s’excuser et m'explique tant bien que mal qu’il s’est réveillé ce matin vers 09h40 et que j'étais déjà parti. Malgré mon insistance, il tiendra absolument à partager le prix du tuk-tuk comme il s’était engagé à le faire la veille. Je trouverai un compromis et lui proposerai d’aller boire un verre au bar de l’hôtel. Nous aurons l’occasion d’un peu mieux nous connaitre malgré la barrière de la langue. Ce jeune homme de 68 ans me raconte qu’il est en train de parcourir l’Asie du Sud-est et ce à un rythme effréné ; Thaïlande, Laos, Vietnam, Cambodge (tout comme nous) et ensuite le Myanmar (Birmanie), l’Indonésie, les Philippines avant de retourner à Seoul et tout ça en moins de quatre mois. Le plus impressionnant c’est qu’il voyage seul avec un budget serré (bonjour le confort comme ici à Phnom Penh). En plus de cela, sa connaissance de l’Anglais est très limitée. Malgré tous ces obstacles, Kim est fier de me montrer de nombreuses photos de compagnons de voyages du monde entier rencontrés ces dernières semaines. Singulier petit bonhomme ce Kim. 

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Exténué, je dirai adieu à Kim qui se rendra le surlendemain à Angkor alors que je prendrai la direction de Sihanoukville le lendemain matin. Arrivés dans la chambre, je constate que les ‘canalisations’ en plastique ont laché et que de l’eau coule abondamment dans la salle de bains. Une vraie piscine. Heureusement qu’une haute marche sépare la pièce de notre chambre. J’irai trouver la ‘réception’ et je changerai de chambre peu de temps après. Il n’est pas encore minuit et je dors déjà.

21/04/2009

Cambodge : l'année zéro

Le Cambodge : L’année zéro

Avant de débuter le récit de mon séjour au Cambodge, il me semble essentiel d'aborder ne serait-ce que brièvement l'une des pages les plus sombres du XXème siècle à savoir le génocide perpétré par le régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979. Près de 2.000.000 de Cambodgiens, soit un peu moins d’1/4 de la population totale du pays à cette époque, furent massacrés par ces tortionnaires sanguinaires. Ce que j'ai lu et entendu dépasse l’entendement et même si je suis conscient que la majorité des lecteurs soient bien au fait des atrocités commises par les KR (Khmers rouges), j'aimerais néanmoins revenir quelque peu sur ces années sombres, tout simplement pour mieux comprendre le Cambodge d’aujourd’hui et l’état de délabrement dans lequel s’est trouvé le pays ces 30 dernières années.

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Les Khmers rouges :

L’Angkar était l’organisation suprême des KR dont personne ne connaissait les responsables hormis les principaux dirigeants tels que Saloth Sar alias frère n°1, alias Pol Pot (Politique Potentielle) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol_Pot , son bras droit Leng Sary et l’idéologue Khieu Samphân initiateur du ‘marxisme agraire’. http://fr.wikipedia.org/wiki/Khieu_Samph%C3%A2n

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L’ ‘idéologie’ des KR et son application :

Après plusieurs années de guérilla face à un gouvernement corrompu et despotique, les KR se rendent enfin maîtres de la capitale Phnom Penh. En 48h seulement, les KR procèdent à l’évacuation totale de la ville, soit plus de 2.000.000 d’habitants et de réfugiés qui avaient fuit les campagnes. Toute la population est déportée de force vers les campagnes pour travailler dans des conditions proches de l’esclavagisme condamnant ainsi bon nombre de citadins à une mort certaine suite à la malnutrition, aux travaux forcés, aux maladies et au manque total d’infrastructures médicales. L’objectif des KR est de supprimer toute trace de l’ancien régime considéré comme capitaliste et décadent. On déporte et exécute les médecins, les instituteurs, les militaires, les intellectuels, les porteurs de lunettes (assimilés aux intellectuels), les jeunes aux cheveux longs, les personnes parlant une langue étrangère et j’en passe. Leur abjecte système de pensée préconisait qu’il était préférable de tuer un innocent que de laisser en vie un ennemi !!! No comment.    

Hormis l’exécution systématique des élites de l’ancien régime, les KR réorganisent en profondeur l’ensemble de la société cambodgienne. Les gens doivent changer de nom, les époux sont choisis au hasard, les enfants appartiennent désormais à l’Angkar et les cours de lecture sont remplacés par des danses révolutionnaires, c’est la période papa-maman. Je suis né en 1978 à l’apogée du pouvoir des KR et prends conscience que les Cambodgiens nés la même année que moi sont tous issus de ces mariages contre-nature. Imaginez le traumatisme !

Bien que la liberté de culte soit officiellement autorisée, toute religion est cependant jugée réactionnaire. La petite communauté musulmane Cham est pratiquement disséminée, les mosquées sont transformées en porcheries et les pagodes deviennent des greniers à riz. Les KR décapitent l’immense majorité des statues de bouddha. Fort heureusement, les temples d’Angkor seront miraculeusement épargnés.


Le déclin :

Le nationalisme et la xénophobie font partie intégrante de l’idéologie des KR et c’est ce qui provoquera leur perte. En effet, les KR rêvent de récupérer le delta du Mékong qui appartenait jadis à l’empire angkorien. Ils s’en prennent donc aux ressortissants vietnamiens vivant en grand nombre au cambodge. Pol Pot déplace également des troupes à la frontière afin d’intimider ses voisins. Les Vietnamiens ripostent rapidement aux menaces, envahissent le Cambodge et font tomber le régime des KR fin décembre 1978. Les KR se retranchent alors le long de la frontière thaïlandaise et livrent à nouveau la guérilla au régime mis en place par Hanoi. Comble de l’horreur, les KR cherchant à déstabiliser le nouveau pouvoir disposeront des milliers de mines antipersonnel (conçues pour mutiler et non tuer) dans les champs et rizières afin de priver le nouveau régime provietnamien de récoltes. Sans succès, car le Vietnam occupera le pays durant 11 ans et seule la population civile sera affectée par le fléau des famines et par les innombrables mutilations. En 1989, l’armée vietnamienne se retire du pays et les KR bien que très affaiblis sont encore présents par endroits, mais le pouvoir leur a définitivement échappé.

http://www.cambodgesoir.info/content.php?itemid=35663&p=

IV.Le Camboge

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Si vous souhaitez obtenir quelques informations concernant le Cambodge, je vous invite à consulter le lien ci-dessous. Vous y trouverez les données historiques, politiques, géographiques et démographiques du pays. Bonne lecture.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cambodge

Le Riel cambodgien, la monnaie officielle : 1€ = 5800 Riel

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Le Dollar US, la véritable monnaie du pays : 1€ = 1,40$

Dollar

Formalités d'entrée :

Contrairement au Vietnam, ces formalités sont relativement simples et peu couteuses. J'ai obtenu mon visa valable durant 30 jours au poste frontière de Khaorn Samnor (Sud-Est du pays) pour un montant de 20$. Inutile donc de courir à l'ambassade du Cambodge avant votre départ.

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10:55 Écrit par Beno dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : visa, dollar, cambodge, riel, khaorn samnor |  Facebook |

14/04/2009

Mekong Delta

Mekong Delta : Day 53

02/04/2009:

Je sors péniblement du lit à 05h30, prends une bonne douche et prépare mes affaires. Je descends à la réception vers 07h00 pour le check-out, mais pas le temps de petit-déjeuner, car le guide nous presse déjà de charger nos bagages dans un tuk-tuk. Nous, c'est-à-dire Kim un coréen, Matt un britannique et une jeune fille assez antipathique dont je ne connais pas l’origine, marchons dix minutes en direction du quai où nous attendent notre bateau ainsi que nos bagages. Après avoir embarqué sur le bateau, nous naviguons une grosse ½ heure avant de nous arrêter une première fois à une ferme piscicole. 1/4 heure plus tard, nous naviguerons à nouveau pendant dix minutes pour nous rendre un peu plus tard sur l’île Con Tien où nous visiterons un village ‘Cham’, minorité musulmane vivant dans le delta du Mékong, mais également de l’autre côté de la frontière.

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Nous reprenons ensuite le bateau vers 09h00 et suis heureux d’apprendre qu’il n’y a plus de visite ‘ringarde’ prévue au programme. Nous quittons alors le Mékong et naviguons sur un de ses affluents où, tout comme au Laos, des dizaines d’enfants, mais aussi des adultes nous saluent avec beaucoup d’enthousiasme. Cela fait du bien de voir à nouveau des gens qui sourient généreusement, car ce fut rarement le cas durant mon séjour au Vietnam. Bien que ce pays ait énormément à offrir aux voyageurs, j'avoue tout de même que je ne quitte pas le Vietnam avec un pincement au cœur, bien au contraire. Je ressens plutôt une profonde envie de découvrir le Cambodge, qui est, parait-il, le vrai pays du sourire.

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Peu après 11h00, nous atteignons enfin le poste frontière. Notre guide collecte nos passeports et s’occupera des formalités pour quitter le territoire, mais surtout pour l’obtention de l’indispensable Visa cambodgien (prix : 20$). Pendant ce temps, je mangerai un petit encas, car mon estomac est bien vide depuis ce matin. Nous devrons pratiquement patienter deux heures avant que le guide ne soit de retour. Les formalités ne s’arrêtent pourtant pas là, nous devons ensuite nous rendre en bateau au poste frontière cambodgien où l’on tamponnera au moins à cinq reprises notre passeport. Nous remontons une énième fois sur le bateau en direction de Neak Luong (Cambodge) et arrivons finalement sur place vers 17h00. Là, nous rejoignons la terre ferme et chargeons nos bagages dans un minibus, qui se rend à Phnom Penh, la capitale du Cambodge.

Nous atteignons finalement Phnom Penh vers 18h30. Kim et moi prenons un tuk-tuk en direction du lac Kak, le quartier routard de la capitale. Arrivés sur place, nous remarquons vite l’atmosphère bohème du lieu et sommes aussitôt assaillis par des vendeurs de marijuana et surtout par les rabatteurs travaillant pour les guesthouses. Nous ne ressentons cependant pas d’agressivité ou d’acharnement de leur part lorsque nous refusons leurs services. Nous atterrissons un peu par hasard à la lakeside Number 10 Guesthouse où nous prendrons chacun une chambre à 4$/nuit. A ce prix là, je vous laisse imaginer le confort rudimentaire ; chambre étroite, eau froide et ventilateur inefficace. 

Après avoir désposé mes affaires dans le chambre, je négocierai avec Andtree, le tuk-tuk driver pour qu’il me conduise le lendemain à travers la ville. Il m'est impossible de tout faire à pied, car les principales curiosités sont assez éloignées les unes des autres et surtout je n'ai qu'une seule journée à consacrer à la ville. Prix final : 12$ de 09h à 18h. Comme Kim accepte de m'accompagner, je partagerai avec lui le prix de la course.

Après avoir déposé nos affaires dans nos chambres respectives, nous irons manger tous les deux dans un petit resto situé dans la rue de l’hôtel. Impossible d’aller plus loin, car une pluie torrentielle s’abat actuellement sur la ville. Elle sera pourtant de courte durée

Je regagnerai ensuite ma modeste chambre vers 10h00 et tomberai rapidement endormi malgré la chaleur suffocante.


Mekong Delta (Chaudoc) : Day 52

01/04/2009:

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Je me réveillons vers 07h00 et petit-déjeune peu après. Une 1/2 heure plus tard, je rejoindrai le groupe et marcherons en direction du quai d'embarquement pour prendre le bateau qui nous mènera au marché flottant de Caï Rang, le plus grand marché flottant de grossistes du Delta du Mékong. Pour les habitants de cette région, les neufs bras du fleuve sont les vraies routes du Delta. Même si depuis quelques années, de nouvelles routes et surtout de nombreux ponts flambant neufs permettent aux marchandises de circuler plus aisément par camion, les marchés fluviaux maintiennent néanmoins une certaine tradition et ravissent toujours autant la curiosité des touristes. Sur le Mékong, nous croisons une multitude de bateaux de différentes tailles, qui circulent en grand nombre et se regroupent à certains points stratégiques. Les commerçants attachent un échantillon de leur marchandise sur un long pic en bois attenant au bateau ; un ananas, une noix de coco, une courge etc. De la sorte, les candidats acheteurs savent exactement où se rendre pour entamer leurs transactions.

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Après le marché flottant, nous irons visiter un autre marché proche du premier, mais cette fois-ci sur la terre ferme. Rien de particulier à mentionner à son sujet, sauf la découverte un peu par hasard d’un petit temple dont les très belles fresques murales ont attiré mon attention. 

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Nous reprendrons ensuite le bateau et serons amenés quelques minutes plus tard à regagner une seconde fois la terre ferme pour la visite d’une fabrique de nouilles. Bien que je ne puisse totalement nier l’intérêt de ce genre de visites, je dois avouer que cela n’éveille pas ma curiosité. Je préfère passer mon temps à photographier les porcelets et les énormes truies qui batifolent gaiement dans la boue de la ferme attenante à la fabrique.

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Après cette rapide visite, nous reprendrons une dernière fois le bateau pour retourner vers la ville de Can Tho et traverserons une seconde fois le marché de Caï Rang. A notre arrivée en ville, nous irons déjeuner dans un petit resto. Je remarque qu’il est possible d’y manger du rat, de l’anguille et du serpent d’eau présenté dans un aquarium (voir photo). J’hésite quelques instants, mais choisis finalement de l’anguille. Je dois avouer que j’ai manqué de courage pour goûter du rat.

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Après le lunch, nous montons à bord d'un minibus qui doit nous amener à Chaudoc et fais la connaissance de Linda et Alex, un sympathique couple de compatriotes de la région d’Overijse. A ce sujet, j'aimerais indiquer que je n’ai pratiquement pas rencontré de Belges depuis le début du voyage. Certains pourraient rétorquer que la population de notre plat pays est somme toute restreinte en comparaison de l’Allemagne ou de la France, ce qui est vrai, mais comment expliquer que j'ai rencontré énormément de Suédois ou de Hollandais, et ce, dans tous les pays que j'ai traversé ? Sans vouloir être déplaisant envers nos compatriotes, je déplore quelque peu leur côté casanier et peu aventureux. Ces observations valent également pour mes précédents voyages en Asie et franchement, les rares Belges que j’ai pu y rencontrer étaient, jusqu’à présent, tous néerlandophones. Francophones, réveillez-vous !

Sur le chemin, nous ferons une petite halte dans une ferme d'élevage de crocodiles. Halte inutile, car peu instructive.

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Nous reprendrons la route juste après et nous arrêterons une seconde fois à 6 km de Chaudoc pour la dernière visite de la journée à savoir le mont Sam et la pagode Chua Hang. Au sommet du mont nous pouvons apercevoir les rizières cambodgiennes, qui se trouvent à moins de deux kilomètres de là.

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Nous arriverons à notre hôtel en fin d’après-midi et suis soulagé de trouver une chambre un peu moins ‘taudis’ que la veille. Après une bonne douche et un peu de repos, je retrouverai Linda et Alex vers 19h00 et partons manger un bout tous ensemble. Par manque de choix, nous irons nous restaurer dans le seul hôtel ‘chic’ de Chaudoc. En entrée, ce sera des raviolis farcis au crabe, le plat consistant, du canard. Nourriture correcte, mais loin d’être exceptionnelle. L’addition est quant à elle totalement indigeste : 400.000 Dong (+/-17€). Après cette agréable soirée, nous retournons tous ensemble à l’hôtel et allons dormir tôt, car demain réveil à 06h pour nous rendre au Cambodge.


 

Mekong Delta (Can Tho) : Day 51

31/03/2009:

Je me réveille tôt ce matin (06h30), car un mini-circuit de trois jours m' attend dans le Delta du Mékong. Le dernier jour, le transport jusque Phnom Penh au Cambodge est également prévu. Prix du forfait 43$ incluant ; un lunch, deux nuits d’hôtel, les différents moyens de transport (bus, bateaux etc.) et les visites prévues au programme. Le prix du forfait me semble raisonnable, mais je sais par expérience qu’au Vietnam rien n’est fait sans la moindre arnaque, je me prépare mentalement à connaitre quelques désidératas et suis bien conscient que nous n’allons certainement pas loger dans des hôtels 5*. A 08h00, je me poste en face de l’hôtel. Le minibus viendra chercher notre groupe ¼ heure plus tard et prendra la route en direction de Mytho la ville du Delta du Mékong la plus proche de Saigon. Nous roulerons deux heures durant avant d’atteindre Mytho. La ville en elle-même n’a rien à offrir, mais est un bon point de départ pour découvrir les îles environnantes comme Dragon Island, Unicorn Island, Turtle Island et Phoenix Island.

De Mytho nous prenons le bateau à destination de Ben Tre où nous visitons une fabrique de confiseries à base de noix de coco. On nous explique tout le tralala… Passionnant ;) Après les quelques rares explications, notre guide et quelques acolytes de la boutique passent rapidement aux démarches commerciales. On tente par tous les moyens de nous refourguer quelque chose, mais ce sera un ‘NIET’ catégorique. Nous remontons à bord du bateau et naviguons jusque Unicorn Island où nous dégusterons un délicieux thé au miel. Faut-il préciser que l’on nous propose d’en acheter ? Après cette petite collation, nous serons amenés à voir un python ’domestiqué’. Pratiquement tout le monde passe pour la photo souvenir, sauf moi. Faut dire que j’ai une frousse bleue de ces bestioles à sang froid.

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Peu après, tout le petit groupe se met en route pour une agréable ballade sur l’île. Une petite ½ heure plus tard, nous atteignons un restaurant où notre lunch est prévu. Comme ce dernier est inclus dans notre forfait, je m' attends déjà au pire. J'avais vu juste, on nous tend le menu avec les prix indiqués dessus et on nous suggère vivement de commander un poisson typique à la région du Delta à savoir un poisson nommé « oreille d’éléphant ». Bien entendu, nous devons payer un supplément non-négligeable. Au grand désarroi du guide, nous préférons tous nous cantonner au repas inclus dans notre ‘package’. Nous serons récompensés pour ce choix en recevant chacun une assiette garnie de deux minuscules rouleaux de printemps, de légumes cuits au wok et baignant dans l’huile et d’un ridicule morceau de tofu. Bombance ce midi !

Après ce ‘copieux’ repas, nous prenons place à bord d'une petite barque de maximum quatre personnes. Aux extrémités de celle-ci, deux femmes coiffées de chapeaux coniques pagaient durant 10 bonnes minutes sur des petits canaux bordés de palmiers d’eau. La végétation y est luxuriante, chouette cadre, qui me rappelle quelque peu certaines images d’Apocalypse Now.

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Vers 16h00, nous montons à bord d’un bus pour nous rendre à Can Tho où nous passerons notre première nuit. Arrivés en face de l’hôtel, le guide fait la bourde de sa vie et nous raconte que nous avions normalement droit à un hôtel de qualité supérieure le long du Mékong, mais que comme ce dernier est malheureusement complet, nous allions finalement obtenir un hôtel de qualité nettement inférieure où l’air-conditionné n’est pas inclus (véridique). Nous sommes donc invités à débourser 5$ p.p. pour pouvoir en bénéficier. Tollé général dans le bus, les critiques fusent de tous côtés. Le guide perd vite patience et répond avec un profond mépris aux remarques de certains passagers. Le pire, c’est que je suis trop blasé par ce genre d’arnaque quotidienne, je ne broncherai pas, je ne paiera pas l’air-co un point c’est tout. Je prends possession de la chambre et suis totalement abasourdi par ce que je découvre ; tenace odeur de renfermé, moquette dégueulasse, draps inexistants, peinture verte pistache sur les murs et le clou de la visite : la baignoire. Je vous passe les commentaires, jugez-en par vous-même.

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Ce soir, j'irai manger au café restaurant Nam Bo, qui est vivement conseillé par le guide du routard. Curieux de nature, je commande un menu à base de serpent (95000 Dong) ; nems à la viande de serpent et un curry de légumes et de reptile.

11/04/2009

Saigon

Saigon, Cao Dai, Cu Chi : Day 50

30/03/2009:

Comme deux excursions m'attendent aujourd’hui je me réveille vers 06h30, petit-déjeune et réalise le check-out à l’hôtel Duc Vuong pour me rendre dans un autre hôtel du quartier (15$/nuit). Vers 08h15 un minibus viendra me chercher et fera le tour des guesthouses de la ville pour ramasser d'autres touristes. Je quitte finalement Saigon une ½ heure plus tard, la métropole est bien évidemment congestionnée, mais pas plus que Bruxelles, car, contrairement à notre capitale, la majorité des véhicules sont des deux roues. Première surprise en périphérie de Saigon, notre véhicule s’arrête sur le parking d’une coopérative où figure l’enseigne ‘handicraft’. Notre guide nous fait tous descendre sans la moindre explication, mais comme je n’ai pas payé 6$ pour voir ce genre de pompe à fric pour touristes, je refuse de jouer le jeu et ne rentrerai pas dans la boutique. Fort heureusement pour moi, le minibus redémarrera 10 minutes plus tard et roulera durant presque 2h20 en direction de la ville de Tay Ninh proche de la frontière Cambodgienne (96 kilomètres séparent Saigon de Tay Ninh).

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Vers 11H45, nous arrivons enfin au but de notre voyage, le temple-cathédrale Cao Dai  http://fr.wikipedia.org/wiki/Caoda%C3%AFsme. Au premier coup d’œil, l’édifice me semble très imposant (107m de long), mais surtout résolument kitsch. Construit entre 1933 et 1935, ce temple est issu du métissage religieux de l’art chrétien et de l’art bouddhique. Le Cao Dai est une secte militaro-religieuse fondée dans les années 1920 par un modeste fonctionnaire nommé Ngo Van Chieu. Selon le guide du routard, cet illuminé eut une révélation en 1925. Un esprit nommé Cao Dai « l’œil de dieu » lui aurait ordonné de créer une nouvelle religion unifiant les grandes philosophies religieuses d’occident et d’extrême orient. Depuis lors, la secte s’est considérablement développée et compterait un peu moins de 2.000.000 d’adeptes dans le centre et le sud du pays.

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Nous accèdons à l’intérieur de l’édifice et sommes même autorisé à assister à la messe de midi. Peu avant que ne débute la cérémonie, je remarquerai le comportement d’un touriste Japonais, ‘photographe éclairé’, qui mitraille littéralement les fidèles sans même leur demander leur avis (voir photo ci-dessous qui en dit long sur le tact de cet énergumène). Pour être franc, la visite ne présente qu’un intérêt limité. A peine une ½ heure après notre arrivée au temple, notre groupe part se restaurer avant de reprendre le minibus en direction du sud pour la seconde et dernière visite de la journée.

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Sur le trajet de Cu Chi (+/- 40km au nord de Saigon), notre guide Dong nous communiquera de nombreuses informations sur les tunnels de Cu Chi. Le lieu dispose d’un impressionnant réseau de galeries souterraines creusées à la main par le Vietcong durant la guerre contre les Américains (200km de tunnels au total). Sur place, nous aurons l’occasion de nous rendre compte de la ténacité et surtout de l’ingéniosité de ces paysans qui ont tenu en échec l’armée la plus puissante du monde. Les conditions de vie des civils et des combattants qui se cachaient dans ces tunnels étaient extrêmement éprouvantes. Le jour, les habitants de la région travaillaient la terre pour se nourrir, la nuit ils la creusaient ou livraient bataille. Ennemis invisibles et inépuisables, ces maquisards utilisaient les tunnels pour s’organiser militairement et surtout se mettre à l’abri des bombes, défoliants, napalm, largués par les B52 américains. Bien que la région de Cu Chi fut l’une des régions les plus bombardée du Vietnam, rien ne put cependant arrêter la détermination du Vietcong et des ses sympathisants, même pas la politique militaire préconisée par les USA à savoir : ‘Search and destroy’. Le plus drôle, c’est que plusieurs bases US reposaient, sans le savoir, sur ces tunnels. Les américains ont pourtant essayé de les infiltrer en y envoyant des chiens pour débusquer les maquisards, mais ces derniers subtilisaient du savon utilisé par les GI’s et s’en imprégnaient pour induire en erreur l’odorat des toutous. Après les chiens, les américains décidèrent d’envoyer des soldats d’origines hispaniques ou des sud vietnamiens dont les gabarits convenaient mieux aux très étroits tunnels de Cu Chi. A nouveau, sans succès car bon nombre d’entre-eux finirent empalés sur des tiges en bambou empoisonnées et dissimulées sous des trappes invisibles. Les techniques de guérilla utilisées par les combattants vietnamiens sont tout à fait déstabilisantes pour une armée conventionnelle, les américains en ont fait la triste expérience. Les récits, reportages et films relatifs à la guerre sont légions et décrivent tous un bourbier inextricable. En observant la jungle qui nous entoure, il ne m'est pas difficile d’imaginer le calvaire enduré par les GI’s, sans oublier d’ajouter que les moustiques y sont encore plus redoutables que le Vietcong, et ce, même en pleine journée. Quelle moiteur torride.

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La détermination et l’ingéniosité des Vietnamiens forcent mon admiration et mon respect. Sacré caractère ces Viets, qui en moins de 35 ans ont tenu en échec les Français (près de 92.000 morts sous le drapeau tricolore entre 1945 et 1954), les Américains (58.000 morts côté U.S. de 1965 à 1975), les Chinois (20.000 morts en 17 jours, 1979), destitué le régime sanguinaire des Khmers rouges et annexés le Cambodge (également en 1979). Nombre de succès militaires, mais au prix de millions de morts !!! Même si le site de Cu Chi est une attraction touristique bien rôdée, j'ai néanmoins trouvé cette visite extrêmement passionnante et conseille à toute personne se rendant au Vietnam d’y aller sans la moindre hésitation.  

Après cette longue visite, nous reprenons tous le minibus vers 16h pour retourner à Saigon. Je prendrai une douche à l'hôtel et repartirai tout de suite après retrouver Pieter-Jan, qui vient d'arriver en ville le jour même (je l'ai appris la veille via Facebook). Nous irons manger une enième fois chez Quan Ngon et terminons la soirée dans un bar de Bui Vien. Incroyable, j'ai rencontré ce 'toffe gozer' pour la première fois il y a un peu mois d'un mois au nord de la Thaïlande, l'ai croisé durant la Mekong party de Vientiane au Laos, pris l'avion ensemble le lendemain de Vientiane jusque Hanoi, passé deux soirées dans la même ville pour le retrouver enfin à Saigon. Je n'ose calculer le nombre de kilomètres qui séparent toutes ces villes et pourtant quel hasard de le retrouver à chaque fois !  

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 Saigon : Day 49

29/03/2009:

Aujourd'hui, c'est dimanche. A vrai dire, dimanche, lundi, jeudi...tout cela ne veut plus dire grand chose pour moi. Je profite néanmoins du prétexte du repos dominical pour faire la grasse matinée. Vers 13h30, j'irai grignoter un bol de nouilles dans une gargote de Bui Vien. J'irai ensuite passer une heure de mon temps à dénicher les perles rares parmis les centaines de répliques d'affiches de propagande de la galerie Propaganda. Je me déciderai finalement et achèterai trois exemplaires (27$ p.affiche). J'irai déposer les achats à l'hôtel et prendrai tout de suite après un taxi (80,000 Dong) pour me rendre dans le quartier de Tan Binh à l'ouest de la ville pour visiter la pagode Giac Lam, la plus ancienne de Saigon (1744). 7 Km plus tard, le taxi arrive sur place et je remarque bien vite que je serai le seul visiteur occidental et pratiquement le seul visiteur tout court ! Quel bonheur. Peu intéressante de l'extérieur, la pagode nous éblouit par sa riche décoration intérieure et la magie qui y règne. Difficile de retranscrire mes 'sensations', mais l'obscurité relative du lieu et les chants des bonzes m'ont littéralement envoûté. Sur place, je découvre des autels funéraires, un riche mobilier, de magnifiques statues de bouddha et des photos d'originaux moines en robe à damiers noir & blanc.

Petite information, je rappelle tout de même que la deuxième photo ci-dessous n'est pas une provocation de ma part. Ceux qui me connaissent savent très bien que je n'éprouve aucune sympathie pour le IIIème Reich et si vous y regardez de plus près, vous constaterez très vite que le croix gammée "nazi" diffère sensiblement du Svastika, qui est un symbôle religieux commun à l'hindouisme et au bouddhisme (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Svastika ). 

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Après la visite de la pagode, je reprendrai un taxi en direction de Cholon où vivent un 1/2 million de viets d'origines chinoises. Cholon fut jadis le quartier de la luxure et du vice ; fumerie d'opium et commerces en tout genre. Aujourd'hui, après presque 35 ans de communisme, Cholon est un Chinatown comme les autres, c'est-à-dire bondé de monde, sale, pollué et rempli de bric à brac made in China. Pour être franc, je me suis tellement senti mal à l'aise que j' ai repris un autre taxi en direction de l'hôtel juste après que le premier m'ait déposé. Je n'ai donc pas de photos à vous montrer, mais croyez-moi, vous n'avez rien perdu !    

http://www.youtube.com/watch?v=PfuxJ0mzQ7A

Vers 20h30, je retournerai manger chez Mumtaz (le resto indien de la veille) et irai boire ensuite quelques bières Larue sur la terrasse supérieure du Go-Go Bar (rien à voir avec les gogo bars de Bangkok). Dodo vers 02h00.


Saigon : Day 48

28/03/2009:

Je sors enfin vers 11h00 après avoir changé de chambre (dorénavant 22$/nuit), mais je reste néanmoins dans le même hôtel. Je découvre en premier lieu la célèbre rue Bui Vien "quartier routard" où se trouve mon hôtel. Le guide du routard la compare à Khao San Road (voir Bangkok Day 2), mais je préfére largement Bui Vien, qui est nettement moins dénaturée et surexploitée que Khao San Road.

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Ensuite, je marcherai environ trois km en direction de l'avenue Nguyen Hué qui s'apparente quelque peu aux Champs Elysées, mais version "extrême orient". C'est l'avenue chic de Saigon, les enseignes internationales y sont nombreuses et contrastent violemment avec les quelques rares affiches à la gloire du parti. Un peu partout dans la ville, je constate très vite que l'esprit d'entreprise et le sens du commerce sont indiscutablement plus développés à Saigon qu'à Hanoi. Un large fossé sépare les deux métropoles à tel point que l'on pourrait se demander si l'on est toujours bien dans le même pays.

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Je prendrai quelques photos du siège du comité populaire, bâtiment construit par les Français entre 1900 et 1908 et qui fut à l'époque jugé peu esthétique par ses contemporains. Sans pour autant me ravir, je ne partage pas non plus l'avis des critiques. Juste en face de l'édifice, trône une élégante statue de l'oncle Ho 'Ho Chi Minh'.  

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Tout de suite après, je prendrai la direction de la cathédrale Notre-Dame, datant également de l'époque coloniale et construite entre 1877 et 1880 dans un style très "France profonde" pour reprendre les termes du guide du routard. Le monument est moche et sans intérêt, mais pourtant tellement exotique au Vietnam.

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Peu après, je traverserai la route pour me rendre à la poste centrale de la ville, qui ressemble à s'y méprendre à une gare. Construite entre 1886 et 1891, elle peut se vanter de disposer d'une charpente métallique réalisée par Gustave Eiffel. C'est indéniablement le plus beau bâtiment colonial de la ville. J'y flânerai longuement et prendrai de nombreuses photos.

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Il est déjà plus de 14h30, les crocs se font sentir et je tombe par hasard sur un restaurant Quan Ngon (voir commentaires Hanoi) et irai manger quelques escargots accompagnés de sauce au gingembre et à la citronnelle, du porc grillé et des nouilles, quelques boulettes de boeuf cuites au bouillon, une salade de papaye verte garnies de très fines tranches de boeuf séché. Je quitte le resto une bonne heure plus tard et longe peu de temps après le palais de la réunification mondialement rendu célèbre le 30/04/1975 lorsqu'un char nord-vietnamien enfonça les grilles du palais marquant ainsi la chute du gouvernement sud-vietnamien, la magistrale débacle des Américains et surtout la fin de la guerre, qui a duré 30 longues années (1945-1975, guerre initiée par le Vietminh contre les Français). Je veux prendre quelques photos, mais impossible avec les grilles qui entourent le bâtiment sauf si je m'acquitte du droit d'entrée de 15000 Dong. Comme je veux absolument terminer la journée par la visite du musée des vestiges de la guerre avant sa fermeture (17h00), je n'aurai pas ma photo ! Dommage, mais je vous annexe deux photos d'archives (la seconde a été prise du toît de l'ambassade US). Les plus de 40 ans s'en souviendront.

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http://www.youtube.com/watch?v=zh90n7Hb-VQ

Vers 16h00, j'arrive finalement au musée des vestiges de la guerre, qui malgré un total manque de partialité et une propagande ostentatoire en faveur du Vietcong, n'en est pas moins initéressant. Pour preuve, le précédent nom du musée était "le musée des crimes de guerre américains". Des trophées de guerre dérobés aux yankees trônent sur l'esplanade faisant face au musée ; hélicoptères, avions, chars, mitrailleuses. Dans les bâtiments, je parcours diverses salles ; l'une est dédiée aux poignantes photos de guerre prises par des photographes/journalistes tombés durant les combats (plus de 100 au total dont de nombreux Français, Américains, Japonais, Allemands...). Certains clichés sont encore présents dans l'esprit collectif, même pour moi qui suis né après la fin de la guerre. Le choc des images ! Une autre salle présente les dizaines d'affiches de soutien publiées de par le monde qui défendaient la cause du peuple vietnamien ou fustigeaient l'impérialisme américain. Une dernière salle relate les sévices endurés par la population civile ; photos de blessés, mutilés, malformations des enfants suite à l'utilisation massive de défoliants et j'en passe. C'est sans aucun doute la plus terrible de toute. Il m'est difficile de rester insensible à ces horreurs et je vous invite à consulter le tableau comparatif ci-dessous. Inutile de vous en dire plus.

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Vers 17h00, je retourne à pied à l'hôtel. Sur place, je consulterai mes mails, prendrai une bonne douche et irai manger tout de suite après chez Mumtaz, un restaurant indien qui se trouve près de l'hôtel sur la rue Bui Vien. Pour moi, manger indien c'est toujours un évènement tout comme les gosses qui ont droit à leur 'Magic Box' mensuelle chez Quick, bref c'est la fête ! Je commanderai 1/2 poulet tandoori, du Nan (pain), du raïta http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=16291. Même si le poulet n'était pas à la hauteur de mes espérances, je persiste à dire que la cuisine indienne est de loin celle que je préfère. Après le repas, je téléphonerai à ma mère, mon père, mes grands-parents et à mon filleul pour son anniversaire (en retard bien évidemment). Quel bonheur de les entendre. Pour terminer, je retournerai squatter un pc de l'hôtel pour updater le blog jusque 23h30.


Saigon : Day 47

27/03/2009:
 
C'est mon dernier jour à Hoi An. Comme le check-out a lieu à 11h30, je tarde un maximum dans ma chambre d'autant plus que le vol pour Saigon n'est prévu qu'à 21h et le taxi ne viendra pas me chercher avant 18h30. Lorsque je sors enfin de la chambre, je déposerai mes bagages à la réception de l'hôtel et irai manger à quelques encablures de là
. Ensuite, un peu d'Internet. Je suis agréablement surpris de constater que le nombre de visites sur le blog augmente de jour en jour. Presque 2000 visites au total, ce qui est peu et beaucoup à la fois, mais je suis extrêmement ravi.

Vers 14h30, je me rendrai à l'orphelinat de la ville où la KIANH Foundation http://www.kianh.org.uk/ est active depuis 2002. J'ai reçu plusieurs prospectus de cette association lors de mon séjour à Hoi An et notre guide encourage les routards à s'y rendre pour réaliser divers dons, du bénévolat ou ne serait-ce même que pour nous sensibiliser aux pénibles conditions de vie des orphelins au Vietnam. Sur place, j'éprouve un certain malaise à la vue des enfants souffrant des handicaps les plus lourds. La malformation craniènne de la petite fille qui se trouve à quelques centimètres de moi m'interpelle fortement. Mes sentiments sont doubles, ils oscillent entre compassion et répulsion, mon visage est blême. Sur place, je rencontre également deux bénévoles occidentaux dont une hollandaise avec qui je discuterai quelque peu. Elle me dira qu'elle y travaille depuis un mois et que l'encadrement des enfants s'est sensiblement amélioré depuis l'arrivée de la fondation Kianh. Autrefois, tous les enfants handicapés (presque la moitié des pensionnaires de l'orphelinat) ne quittaient jamais leur lit, livrés à eux-mêmes. Dorénavant, des kinés, orthopédistes, pédiatres, bénévoles occidentaux y séjournent régulièrement. Le financement du projet par les touristes et les particuliers permet de former le personnel local et d'offrir un cadre de vie plus agréable aux enfants. On nous informe que le 'coût' d'un enfant par jour est de 10,000 Dong, soit un peu moins de 0.50 d'euros.  

Ce qui me révolte le plus, n'est pourtant pas le manque flagrant de moyens, mais le nombre impressionnant de malformations des nourrissons dans certaines régions du Vietnam. Nul doute que l'utilisation massive de défoliants, de napalm et surtout d'agent orange (liquide à base de dioxine) par l'armée américaine y est pour quelque chose. Selon mon guide, 72.000.000 de litres de produits chimiques ont été déversés durant la guerre sur les trois pays de l'ex Indochine et plus particulièrement sur le centre et le sud du Vietnam. Entre 2.000.000 et 4.000.000 de personnes ont été affectées par ces substances provoquant aujourd'hui encore de nombreux cancers et malformations génétiques. Scandaleux.

Juste avant mon départ, je distribuerai quelques paquets de crayons à l'attention des enfants valides et déposerai un peu d'argent dans l'urne. Expérience très confrontante, je resterai bien pensif les deux heures qui suivront la visite. 

http://nl.wikipedia.org/wiki/Agent_Orange

Vers 18h30, le taxi viendra me chercher et roulera à tombeau ouvert jusque Danang. Quel soulagement d'arriver sain et sauf à l'aéroport. 20h45, on nous signale que le vol est retardé de 45 minutes. Comme je devais arriver très tard à Saigon (le retard de l'avion n'arrangera rien), j'avais réservé la veille une chambre dans le quartier routard de Pham Ngu Lao. Prix 27$, sans doute la chambre plus chère depuis Luang Prabang (voir Day 27). 21h45 l'avion décolle et nous arrivons 1h plus tard à Saigon. Après avoir réceptionné mes bagages, je prendrai un taxi (100,000 Dong) jusqu'à l'hôtel. Accueil très agréable, notre chambre bien que de petite taille est très confortable. Comme je ne trouve pas le sommeil, je regarde avec délectation "la cuisine au beurre" avec Fernandel et Bourvil sur TV5.

 

 

05/04/2009

Hoi An

Hoi An : Day 46

26/03/2009:

Une fois n'est pas coutume, je consacrerai la journée au balnéaire. A 11h00, je me rendrai premièrement chez Yaly pour les dernières retouches aux chemises. Rien à dire, elles sont parfaites. On m'invite à revenir en soirée pour les réceptionner. Sachant que la boutique ferme à 21h00, cela me laisse pas mal de temps pour me rendre à la plage de Cua Dai, qui se trouve à 7 km à l'est du centre-ville. Je décide de parcourir la distance à pied, longeant des rizières, des bassins d'aquaculture et prends beaucoup de photos au passage. Durée de la ballade : +/- 1h30. 

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Hoi An : Day 45

25/03/2009

Journée de boulot sur Internet et ce dès le matin. J'accuse un retard considérable sur le blog, il est grand temps d'y remédier. Je prends une petite interruption vers 13h00 pour aller me restaurer.  Ensuite, j'irai réserver via Internet mon billet d'avion pour rejoindre Saigon (Hochiminh ville). Une heure de vol sera nécessaire pour atteindre la métropole depuis l'aéroport de Danang. La compagnie est Jetstar Pacific Airlines, filiale low-cost vietnamienne de Qantas. Prix 720.000 Dong, une bouchée de pain. J'ai choisi Jestar, car il n'y avait plus de place libre sur le vol Vietnam Airlines Danang-Saigon, dommage, car je ne suis pas trop fan des compagnies low-cost surtout quand elles sont originaires de pays émergents. Je réserve également dans une agence un taxi pour me rendre le surlendemain à l'aéroport de Danang, prix 10$.

Toutes ces formalités terminées, je reprendrai mon travail sur le blog jusqu'à 17h00, heure à laquelle j'irai visiter un tailleur et commenderai trois chemises pour un montant total de 62$. On prendra également mes mesures et on m'invitera à revenir le lendemain à 11h00.  

J'irai manger ensuite une seconde fois chez Kim au café des amis, mais cette fois-ci sans Flo et Fred que je n'ai plus revu depuis l'avant-veille. Etrange, car Hoi An n'est pourtant pas très étendue. Aujourd'hui, je choisissons le menu végétarien. Toujours aussi bon.

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Hoi An : Day 44

24/03/2009:

Ce matin, j'irai passer la matinée mitrailler tout ce qui se trouve à portée de mon objectif. Je ne me réfère à aucun plan et n'ai même pas pris le guide avec moi, heureusement que Hoi An est de taille réduite. Je m'attarderai le long de la rivière Hoai, dans les rues Nguyen Thai Hoc, Tran Phu, Bach Dan, traverserai le marché central, le pont japonais et le pont Can Nam. Vers 11h00, le soleil est véritablement écrasant, je suis en nage, l'eau dégouline littéralement dans mon dos et le long de mes bras, je risque la déshydratation. J'irai donc boire un verre au café des amis où Kim me fera écouter la version russe de "gare aux gorilles" et "bancs publics" toutes deux interprétées par Georges lui-même.

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Je pars ensuite manger léger ; salades et pain à l'aïl avant d'utiliser quelque peu Internet.
A 15h00, j'achète une carte forfaitaire au bureau touristique de Hoi An : 75000 Dong. 

15h15 : J'assiste à une représentation folklorique à l'atelier artisanal de Hoi An ; danses et musiques traditionnelles. Envoûtant, mais bondé de pépères et mémères, qui se lèvent constamment de leur siège pour pouvoir prendre des dizaines de photos des danseurs, peu importe que les gens qui se trouvent juste derrière eux ne puissent plus rien voir du spectacle. Pathétique. 

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15h45 : Je visite le temple Trieu Chau, lieu de culte datant du XVIIIème siècle et fréquenté par les familles originaires de la région de Canton en Chine, arrivées par vagues successives au fil des siècles à Hoi An. J'y découvre de très belles frises en bois, de magnifiques têtes de dragon etc.

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16h15 : Je découvre la maison chapelle de la famille Tran. La chapelle confucianiste est dédiée aux nobles ancètres de la famille Tran et est richement décorée de meubles et d'objets anciens. Sur l'autel j'observe des boîtes en teck ou en ébène qui contiennent les reliques des ancètres. Je suis accompagné d'une guide francophone qui après nous avoir commenté les trésors de la maison Tran, s'empressera de m'amener à la petite boutique de souvenirs qui se trouve juste à l'arrière de la chapelle. Je n'apprécie pas vraiment la démarche et pars immédiatement.

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16h45 : Je terminons les visites prévues dans le forfait par le musée du folklore, qui est davantage une boutique de souvenirs qu'un musée. Je sors de là aussi vite que j'y suis rentré. 

La tombée de la nuit est toute proche et le ciel est particulièrement superbe en ce moment. J'en profiterai pour immortaliser le coucher de soleil. Quel cadre enchanteur. Ensuite léger repas dans un resto pour backpacker, pizza au menu. Insipide, mais bon marché.  

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Hoi An : Day 43

23/03/2009:

Réveil à 07h00, tous mes soucis de santé se sont envolés comme par magie. Quel bonheur. Je petit-déjeune à l'hôtel Halo vers 07h45 et une 1/2 heure plus tard, une hôtesse viendra me chercher pour m'amener à l'arrêt du bus. J'attends encore une 1/2 heure et lorsque je monte dans le bus, je suis agréablement surpris de retrouver Flo & Fred, qui descendent de Nin Binh et se rendent, tout comme nous, à Hoi An. Que le monde est petit. Le trajet en bus durera 4h30 en tout. Nous ferons une halte à Danang, grande ville du centre du Vietnam et roulerons encore 35 km pour atteindre Hoi An. Le bus me déposera juste en face de l'hôtel Tran Binh II. Le batiment est beau, la décoration intérieure est en bois et il est de plus bien situé dans la ville. Par contre, l'accueil, le prix (20$/nuit) et la chambre sont assez décevants. Mes affaires déposées, je partirai me restaurer chez Tam Tam, restaurant tenu par un Français. Très beau cadre rétro, le bar vaut à lui seul une visite. La nourriture est correcte, sans plus et les prix sont un tantinet trop élevés. 

Juste après le repas, je me balladerai à travers la ville notamment dans les rues Nguyen Thai Hoc, Tran Phu et Bach Dan dont les nombreuses maisons d'inspiration sino-japonaises font la renomée d'Hoi An. Ces dernières, uniques au Vietnam, sont peintes dans des couleurs pastelles ; jaune, terre de Sienne, bleu, turquoise etc. Seul petit bémol, la beauté intime de Hoi An n'est pas longtemps restée secrète, les boutiques pour touristes pullulent littéralement. En plus d'être réputée pour son artisanat, Hoi An est surtout prisée pour la confection de vêtements en soie et en lin. Nous croisons à tous les coins de rues des dizaines de touristes (souvent agés) qui voyagent en groupe et qui viennent majoritairement de France, d'Allemagne et du Japon. 

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Je rencontre à nouveau Flo & Fred, qui logent dans un hôtel différent du nôtre et irons boire tous ensemble une bière Saigon. Pas terrible du tout, je suis assez déçu par les bières vietnamiennes. Fin d'après-midi, je retourne à l'hôtel pour me changer et rejoindrai tout de suite après nos compères toulousains au café des amis, resto vietnamien tenu par Kim un francophile, qui aime surprendre ses hôtes par sa cuisine traditionnelle sur fond de musique française ; Brassens, Brel, Piaf etc. Pas de carte chez Kim, on choisit un des trois Menus ; végétarien, viandes, poissons & fruits de mer (120000 Dong p.p.). Pour fêter nos retrouvailles, Flo, Fred et moi commandons quelques verres de vin de Dalat (vin local), qui est loin d'être grandiose, mais plaisant tout de même. Le menu, par contre, est un vrai régal. Le soucis c'est que nous ne pouvons pas vous dire ce que nous avons mangé vu l'inexistance de carte, hormis les roses blanches, raviolis à base de farine de riz fourrés à la poudre de crevettes (spécialité de la ville), le reste est inconnu.   

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