03/05/2009

Siem Reap

Siem Reap : Day 61

10/04/2009:

Réveil à mon aise ce matin. Pas de bus à prendre et encore moins de lourde visite prévue au programme. Vers 09h30, je pars petit-déjeuner en ville. Rituel American Breakfast, qui est en réalité un English Breakfast. Ne me demandez pas pourquoi, mais les termes culinaires varient sensiblement ici en Asie. Sur tous les menus figurent les ‘French Fried’, mais jamais de French Fries, le ‘garlic’ devient ‘galic’ et le French cheese signifie souvent ‘vache qui rit’, qui est dans l’immense majorité des cas l’un des trop rares fromages disponibles dans les pays que je viens de traverser.

Après ce copieux repas, je partirai me balader à travers la ville et m'arrêterai un peu  par hasard en face du bureau d’une ONG nommée Concert.  http://www.concertcambodia.org/default.aspx Le slogan de l’organisation « helping you to help » m'interpelle et je décide rapidement de leur rendre une petite visite. Je suis agréablement accueilli par deux jeunes occidentaux, qui sont à l’origine du projet. L’un d’eux, Aris, un sympathique Grec qui a vécu longtemps à Londres, m'informe volontiers de leur travail quotidien, des besoins de la population locale, des défis à relever en matière d’éducation, de déminage des sites à risques, d’écotourisme etc. Singulier parcours que celui de ce mathématicien qui travaillait précédemment dans la finance à Londres. Quelques mois avant la crise financière, il a pris un break d’un an pour parcourir le monde. Il a débuté son périple par l’Asie du sud-est, a traversé les Philippines et le Vietnam  avant de se rendre au Cambodge où il a déposé ses valises pour ne plus en repartir.      

Les heures passent et je n’ai toujours pas bougé de là. Il est 13h30 et la faim me tenaille à nouveau. Aris et moi irons nous restaurer dans une gargote proche du marché de Psaar Chas. Vers 15h00, Aris retourne au ‘bureau’ et me donne rendez-vous à 19h00 pour un repas préparé par des filles cambodgiennes qui collaborent avec l’ONG. D’autres occidentaux seront également de la partie. J'acceptons sans la moindre hésitation. Après avoir quitté Aris je retournerai à l’hôtel pour une après-midi glandage à la piscine.

A 19h00, je retournerai au siège de l’ONG où je retrouverai Aris et ferai la connaissance de Sarah une américaine de Washington, Fernando un espagnol et sa compagne cambodgienne, deux hollandaises Roos et Marlijn et deux jeunes filles du pays dont je n’ai malheureusement pas retenu leur prénom. Repas à base de Lok Lak traditionnel. Nous mangeons longuement, sifflons quelques bières tous ensemble et partons vers minuit au Temple Bar où nous contribuerons fortement à la recette du bar.

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L’endroit est assez animé, la déco est influencée par les temples d’Angkor et le public est très métissé. Je remarque aussi un grand nombre d’hôtesses très 'sexy'. A y regarder de plus près, je me rends compte que pour la plupart d’entre-elles, ce ne sont en réalité pas des hôtesses, mais des stewards ! La dénomination en vigueur en Thaïlande est « Katoey », mais on les appelle plus communément « ladyboy ». Ces créatures hybrides du troisième sexe ont l’apparence et les attributs de la gente féminine, mais avec un ‘petit’ quelque chose en plus au niveau du bas ventre. Je n’en avais pratiquement plus rencontré depuis que j'avais quitté Chiang Mai (Day 23). Le Laos, le Vietnam et le Cambodge semblent bien plus conservateurs à ce sujet.

En Thaïlande, mais aussi aux Philippines, les ladyboys pullulent littéralement, et ce, même dans les petites villes de province. On en trouve également dans de nombreux villages. Visiblement intégré(e)s à la population active, il n’est pas rare qu’un ladyboy vous serve votre Whooper au Burger King, prenne votre commande au restaurant, coupe vos cheveux dans un salon de coiffure, poinçonne vos billets de train ou pèse vos raisins sur la balance du département fruits et légumes d’un magasin Carrefour de Bangkok (n’y voyez aucun fantasme de ma part, je vous jure que cela s’est vraiment produit). La nuit, les ladyboys fréquentent massivement les bars et discothèques (bien que certains endroits leur refusent l’entrée) ou tapinent sur les trottoirs des quartiers chauds au contraire des filles (les vraies) qui travaillent presque exclusivement dans les gogo-bars.

xin_59020415202076465187crédit photo :www.chinadaily.com

Les heures passent rapidement, les bières aussi. Aris, Roos, Marlijn et moi quittons le bar vers 03h30. C’est ma première véritable grosse sortie depuis mon arrivée à Bangkok le 08/02. Demain, je crois que je vais avoir mal aux cheveux.


Siem Reap : Day 60 

09/04/2009:

Réveil à 06h30. Peu après, petit-déjeuner pour la dernière fois aux bords du lac Kak.

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Après avoir réglé ma chambre et les consommations, le conducteur du mini-van affrété par la compagnie de bus vient me chercher à la réception vers 07h30 et me conduit au siège de Sok Sokha. Là, je prends place dans le bus qui partira vers 08h00. Le voyage est relativement long pour rejoindre Siem Reap, 6h au total. Pour tuer le temps, j’écoute mon lecteur mp3 tout en regardant un film d’action probablement Made in Thailand. genre de western Muay Thaï http://fr.wikipedia.org/wiki/Muay_tha%C3%AF. Film très violent dans lequel les protagonistes passent leur temps à se bastonner. Primaire, mais très chouettes scènes de combats. J’aurais adoré ce film 20 ans plus tôt. Comme le bus n’est pas pourvu de toilettes, nous nous arrêterons à deux reprises. Quel soulagement. J’en profiterai aussi pour prendre quelques photos de la campagne cambodgienne et vous invite à admirer le véhicule utilitaire le plus prisé par les cambodgiens (voir photo ci-dessous).

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Vers 14h, nous arrivons enfin à la station de bus de Siem Reap où un tuk-tuk missionné par la compagnie de bus est chargé de me conduire à mon hôtel. Comme je n’ai toujours pas fait de réservation, le conducteur essaie de m'amener dans une guesthouse où il touchera une commission. Rituel immuable. Pour la première fois depuis mon arrivée en Asie, j'accepte d’aller visiter l’hôtel qu’il nous suggère. Nous arrivons 15 minutes plus tard à l’Ancient Angkor Guesthouse, qui offre finalement un excellent rapport qualité/prix ; 12$ pour une chambre double assez spacieuse avec ventilateur et minibar, mais aussi une piscine et internet gratuit à la réception. Je me décide très vite et prends la chambre où je dépose rapidement mes affaires.

J'irai ensuite me restaurer au centre-ville, qui est très différent du reste du pays. En effet, le vieux centre colonial a entièrement été rénové ; les rues et trottoirs sont larges et propres, les façades sont repeintes, on y trouve quantité de bars, de chouettes restaurants, des glaciers, de belles boutiques etc. Bref, tout est nickel même si je pourrais lui reprocher un certain manque d’authenticité.

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Je découvre même une petite ruelle qui n’est pas sans me rappeler la très bruxelloise rue des bouchers. Les moules frites et les insistants rabatteurs maghrébins en moins !

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La proximité des temples d’Angkor a suscité un développement économique providentiel pour la ville de Siem Reap. Comme il n’est fort heureusement pas possible de loger sur le site d’Angkor, les touristes du monde entier sont donc amenés à loger dans cette petite ville située à 8km au sud de l’entrée de la cité khmère.

Après avoir mangé dans une gargote, je passerai brièvement voir le marché couvert de Psaar Chas où l’on trouve exactement les mêmes choses que dans tous les marchés que j'ai fréquenté ces dernières semaines. Rasant ! Je retourne ensuite à l’hôtel où je reste quelques heures ‘au calme’ passant mon temps à regarder BBC World et TV5. Les flashs m'informent régulièrement de la situation tendue qui règne actuellement dans les rues de Bangkok. La possible annulation du très attendu sommet qui doit réunir les chefs d’états du sud-est de l’Asie ces prochains jours à Pattaya n'est pas de nature à me rassurer. La contestation gronde en Thaïlande, les manifestants ‘t-shirts rouges’ défilent à nouveau dans la rue et menacent le gouvernement soutenu par les t-shirts jaunes. Pas très rassurant tout ça sachant que mon meilleur pote vit à Bangkok et que je devrai prochainement me rendre là-bas afin de prendre mon vol à destination de Singapour.

http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafJRcD.html

Je relativiserai tout de même en disant que cette situation de crise n’est pas nouvelle et encore moins isolée dans le temps, car ces troubles remontent déjà au renversement de l’ancien premier ministre Thaksin survenu en septembre 2006.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d'%C3%89tat_de_septembre_2006_en_Tha%C3%AFlande

Un festival de bombes avait d’ailleurs éclaté le 31/12/2006 à Bangkok, quelques heures après mon arrivée dans la ville lors de mon premier voyage dans le pays.

Après ces excellentes et très rassurantes nouvelles, je partirai manger un bout au centre-ville. Poulet au gingembre et Lok Lak, bœuf mariné au citron vert et servi avec un œuf frit, des oignons, des frites ou du riz. Plat national au même titre que l’Amok. Après le repas, j'irai dans un cybercafé où la connexion est, comme toujours au Cambodge, extrêmement lente.

wikipedia.org/wiki/Cuisine_of_Cambodia

Commentaires

Colorées, originales, artistiques, elles le sont vraiment les photos!!!
Pas souvent sur le blog mais souvent en pensées avec vous.
bisous de nous deux pour les heureux aventuriers
A bientôt

Écrit par : marraine | 04/05/2009

PAS TRES PRO EN INFORMATIQUE !!! pas pro du tout m^me, mais l'intention y est .
comme je ne sais pas si mon premier commentaire est parti, j'en refais un autre rien que pour le fun et je surveille attentivement ce qui se passe!!!
des bisous en plus

Écrit par : marraine | 04/05/2009

Bonjour. Un petit mot pour vous dire que je suis votre périple avec beaucoup de plaisir. Votre récit du Vietnam m'a rappelé quelques bons souvenirs, par contre, je n'ai jamais visité le Cambodge. Voilà un bon premier aperçu. Bonne suite de voyage - goeie reis. Amicalement, Nautilus

Écrit par : Nautilus | 05/05/2009

Enfin depuis le temps que je voulais lire votre blog, c'est fait. Ouhaou, c'est génial. Vous faites cela comme des pros. Quelques commentaires: primo au macho italien: je roule toujours sur la bande du milieu et passe mes vacances sur les villes balnéaires espagnoles (allez puisque tu écris bien je ne t'en gardes pas rencune); Leen mercredi prochain sort le nouveau Almodovar, je te donnerai mon avis, et tu devrais interdire au macho italien de photografier ce groupe de jolies asiatiques.
Un gros bissous et attendons la suite de vos aventures.
Carmen et Julio

Écrit par : Carmen | 12/05/2009

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