28/09/2009

Le bilan final

Voila, c’est fini.

167 jours se sont écoulés depuis mon départ de Belgique. Je suis très heureux d’avoir partagé ce périple avec vous et espère que vous avez apprécié le blog.

Je n’ai jamais pris la peine de comptabiliser le nombre d’heures  consacrées à la rédaction des articles, mais soyez certains qu’il s’agit là d’un travail titanesque. De plus, sélectionner, travailler et reformater l’ensemble des photos déposées sur le blog nécessite également beaucoup d’énergie et de longues heures de labeur.

L’heure est venue au bilan et même si je rédige seulement cet article en date du 3/10/2009, je tiens à le replacer dans son contexte, c'est-à-dire en date du 24/07/2009, soit 167 jours après avoir quitté la Belgique. Pourquoi le 24/07 ? Tout simplement parce que j'avais réservé un billet aller-retour Bruxelles-Bangkok via Londres, départ le 08/02/09, retour le 24/07/09 avec possibilité de modifier la date du retour au cas ou…

Finalement, j'ai maintenu la date du billet retour le 24/07 pour les raisons que je détaillerai un peu plus tard dans l’article Singapour : l'expatriation.

Je profite du bilan final pour vous communiquer mes observations, coups de coeur, anecdotes relatives aux différents pays que j'ai eu l'occasion de traverser ces derniers mois. Bonne lecture.


I.La Thaïlande:

Incontestablement le pays le plus connu de la région. Qui n’a jamais entendu parler de l’ancien royaume du Siam ? Je ne doute pas qu’au simple fait d’évoquer son nom, de nombreuses images et clichés vous viennent immédiatement à l’esprit : Bangkok, Phuket, Ko Phi-Phi, la boxe thaïe, la cuisine très relevée, la prostitution et j’en passe.

2007_01_Koh Phi Phi (30)Koh Phi-Phi

Sur bien des points, la Thaïlande est souvent citée comme exemple par ses voisins directs. Elle peut se targuer d’un réel développement économique et sa vitrine Bangkok, n’a rien à envier aux grandes métropoles du contient. Malgré une certaine prospérité, la Thaïlande connait de grandes disparités économiques et sociales à travers le pays. Vous constaterez bien vite que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Autre fait inquiétant, son instabilité politique et le peu de crédibilité que cela implique ramène inexorablement le pays au niveau des autres pays émergents de la région. Dommage. 

Fait unique, ce pays a également l’immense privilège de ne jamais avoir connu de véritable période de colonisation occidentale malgré la présence incontournable des grandes nations européennes au-delà de ses frontières. En effet, les Britanniques s’étaient installés au Sud en Malaisie et à Singapour ainsi qu’à l’ouest au Myanmar (Birmanie), les Français, quant à eux, s’implantèrent à l’Est en ex-Indochine (Laos, Vietnam, Cambodge). La Thaïlande, elle, est restée indépendante et a longtemps pu cultiver sa propre identité à l’abri des influences occidentales. Malheureusement, elle a rattrapé son retard avec beaucoup de zèle.

Un peu à l’image de la France, la Thaïlande a l’immense majorité d’offrir aux touristes une destination aux attractions exceptionnelles et variées. Des randonnées en montagne aux découvertes des minorités ethniques au nord du pays, des plages plus belles les unes que les autres au sud, une capitale éblouissante, des vestiges architecturaux de toute beauté à Sukhothai et à Ayutthaya et j’en passe.

2007_01_Sukhothai (6)mSukhothai

La Thaïlande a tellement à offrir qu’elle s’est très logiquement taillée la part du lion en matière de tourisme en Asie du Sud-est. Ajoutez à cela, une population ouverte et accueillante ainsi qu’un rapport qualité-prix tout à fait exceptionnel, vous obtenez une destination de premier choix prisée par les touristes du monde entier.

Pourtant, si vous aimez découvrir de vieilles pierres Sukhothai ne fait pas le poids face à Angkor (Cambodge), si vous adorez les treks en montagne, privilégiez le Nord du Laos ou le Nord de Luzon aux Philippines, si vous êtes accrocs aux plages, bien que celles de Thaïlande soient généralement éblouissantes de beauté, celles de Palawan aux Philippines remportent de loin ma préférence.

Pour le touriste qui chercherait un peu d’authenticité et de calme, le Siam n’est franchement pas la destination adéquate. Il est vrai que le pays est surtout connu comme la référence en matière de balnéaire en Asie du Sud-est. En Anglais, un terme résume bien le sentiment que j’éprouve à l’égard de nombre de destinations du pays, à savoir : «  Touristy », qui signifie exagérément touristique. La Thaïlande victime de son succès ? C’est en tout cas mon opinion ! Ko Samui, Phuket, mais surtout Pattaya sont pour moi les parfaites illustrations de ce qui me dérange le plus dans cette commercialisation à outrance. Je ne veux ni paraître prétentieux ni vouloir sous-estimer le charme de ces lieux (pour Pattaya, je reste inflexible) mais trop c’est trop. Charters quotidiens, Bierstube, Irish Pub, resorts sur resorts, go-go bars à foison, trop peu pour moi.     

Paradoxalement, c’est pourtant le pays asiatique que je connais le mieux. Je m’y suis rendu une première fois en janvier 2007 et ensuite à plusieurs reprises en 2009. Contrairement aux Philippines et au Laos, il est très facile de voyager en Thaïlande. Nul besoin d’un visa pour un séjour ne dépassant pas 30 jours (si vous arrivez en bus, le délai est ramené à 15), l’état des routes est souvent irréprochable et les moyens de transport sont plus que convenables.   

Ce que je reproche surtout à la Thaïlande c’est qu’elle n’éveille pas véritablement de passion chez moi. J’aime m’y rendre, car on s’y amuse beaucoup, les gens y sont agréables, mais son côté trop parfait me laisse quelque peu de marbre.

Pour terminer, j’avoue quand-même avoir été peu complaisant à l’égard de la Thaïlande, mais soyez certain d’une chose, si ce pays est visité chaque année par des millions de touristes du monde entier, c’est qu’il le mérite amplement !   

Si je devais associer une couleur au pays, ce serait le jaune.

2007_01_Chiang Mai (30)Rama IX, roi de Thaïlande.Son portrait est OMNIPRESENT !!!


II.Le Laos:

Autant vous le dire tout de suite, Le Laos est sans aucun doute le pays qui m’a le plus séduit. Paradoxalement, lors de l’élaboration du circuit les mois qui ont précédé le départ, le Laos me semblait être la destination la moins intéressante de toutes celles que j'allais découvrir. J'ai même plusieurs fois hésité à le traverser. Il est vrai que ce ‘petit’ pays manque cruellement de reconnaissance internationale. Le Laos, de par son histoire récente, est resté très discret.

Bien que tardive, son ouverture au tourisme va sans doute complètement bouleverser la donne. J’espère juste qu’il ne succombera pas aux sirènes du tourisme de masse comme sa grande sœur, la Thaïlande, qui est sans doute l’exemple à ne pas suivre. Ce qui me conforte dans mon idée, c’est que tous les voyageurs qui s’y sont rendus et que j'ai rencontrés durant le périple asiatique sont absolument unanimes à son sujet. Le Laos est une perle !

les rives du Mékong (13)les rives du Mékong, Vientiane

Une perle au charme discret et subtil certes, mais un véritable joyau tout de même ! Le bouche à oreille fonctionne bien, l’engouement pour le pays augmente sensiblement chaque année et je souhaite vivement au Laos de profiter de la manne financière providentielle que le tourisme à grande échelle lui procurera, mais attention aux abus !

Je regrette sincèrement de ne pas lui avoir accordé suffisamment de temps, d’intérêt et surtout de crédit. J’avais considéré, à tort, le Laos comme une simple ‘étape’ obligatoire pour rejoindre le Vietnam à partir de la Thaïlande, ni plus ni moins. Sa découverte fut une véritable surprise, voir une révélation.

Pour moi, le Laos c’est la joie de vivre et l’insouciance de ses habitants qui affichent une attendrissante nonchalance. La véritable richesse du pays est indéniablement sa population, jeune, douce, aimable et réservée.

Pak Ou (3)enfants sur les rives du Mékong

Bien que le Laos partage beaucoup de points communs avec la Thaïlande ; son histoire, sa langue, sa culture, sa gastronomie, il présente cependant l’immense avantage de ne pas (encore) avoir été perverti par le tourisme de masse et d’être, à ce jour, épargné par la commercialisation abusive du sexe.

Le Laos n’est que très peu urbanisé, Vientiane sa capitale donne l’impression d’une grosse ville de province, difficile de s’imaginer que vous vous trouvez dans une capitale, surtout lorsque vous arrivez à l’aéroport de la ville. Le nord du pays est montagneux et recouvert de vastes forets. Le Mékong est encore la voie la plus empruntée par les laotiens pour traverser le pays et plusieurs heures sont parfois nécessaires avant de voir un hameau ou tout au plus un modeste village. La densité de population y est extrêmement faible.

Autre curiosité, les réminiscences coloniales sont encore nombreuses. Les anciennes villas de Luang Prabang et de Vientiane, les inscriptions (noms des rues etc.) dans la langue de Molière sont encore bien présentes. On y boit du café en grande quantité, on trouve des baguettes dans toutes les échoppes du pays, on roule à droite, la poste s’appelle « la poste » et surtout on y joue à la pétanque à tous les coins de rue.

Luang Prabang (17)

C’est un peu le bout de monde, loin de toute civilisation. Pays totalement enclavé ne disposant pas d’accès à la mer, le Laos est malheureusement méconnu du grand-public. Que connaissions-nous du Laos avant de nous y rendre ? Pratiquement rien hormis le nom de sa capitale. Et pour vous, le Laos, ça évoque quoi ?        

Lorsque je pense au Laos, la couleur qui me vient immédiatement à l’esprit est le sépia.

Luang Prabang (27)luang Prabang


III.Le Vietnam:

Sans aucun doute le pays qui éveillait le plus ma curiosité avant le départ. A l’inverse du Laos, le Vietnam s’est très vite imposé comme la destination phare du périple.

Comme souvent, lorsque l’on attend trop d’une personne, d’un projet, d’un job ou même d’une destination, on a souvent tendance à être déçu par la réalité. Pour être sincère, déception, est le mot qui traduit le mieux mon expérience du Vietnam. J’en veux pour preuve que j'avais initialement planifié d’y séjourner 28 jours, en réalité, je n’y suis pas resté plus de 18 ! Le plus grave est que j'ai quitté le pays sans éprouver la nostalgie habituelle propre à tout départ d’une destination de vacances et pour être franc, j'étais pressé de passer la frontière côté Cambodgien.

Paradoxalement, je reste pourtant convaincu que le Vietnam est de loin le pays le plus complexe et le plus intéressant de tous ceux que j'ai pu parcourir. Vaste et magnifique contrée dont l'histoire est aussi riche que mouvementée, le pays qui a la forme d’un dragon est assurément une destination d’exception.

Hoi An_temple (35)

J’ai toujours été intrigué par la ténacité, la combativité et l’inventivité des habitants de ce pays au caractère bien trempé. Son histoire récente n’est que guerre, désolation et précarité. Cependant, les choses changent et vite, très vite. Si vous souhaitez investir en Asie et que vous avez les reins très solides, le Vietnam offre selon moi un potentiel de croissance à faire pâlir ses concurrents de la région. L’économie de marché est plus qu’assimilée par la population et le pouvoir politique, bien que communiste, ne fait qu’encourager les choses.     

Avec du recul je garde un excellent souvenir d'Hanoi. Pourtant, si je m'amuse à relire les commentaires postés sur le blog et relatifs à la ville, j'admets volontiers que ce ne fut pas une partie de plaisir. Pas facile de se laisser charmer au premier abord et je me souviens encore du calvaire enduré dans le quartier des 36 rues, quel enfer ! Pourtant, Hanoi possède un charme authentique et très particulier que bon nombre de capitales asiatiques n'ont pas.

Hanoi (19)

Je déplore seulement que les Vietnamiens aient autant de caractère et souvent trop peu de savoir vivre. Je ne prétends pas que mon opinion des Vietnamiens est totalement objective, mais les quelques personnes avec qui j'ai parcouru le pays m'ont fait part de critiques similaires à l’encontre du sens de l’hospitalité très particulier des autochtones. J'ai maintes fois été outré par le comportement irrespectueux, le manque d’éducation, l’insistance voir l’agressivité de mes interlocuteurs. Sans oublier de mentionner le côté roublard souvent porté à son paroxysme. Franchement, je n'ai pas envie d'y retourner de si tôt.

Bien entendu, je tiens à m’excuser auprès des nombreux Vietnamiens qui ne se reconnaissent pas dans la description que je fais de leurs compatriotes. Je ne désire blesser personne et suis bien conscient qu’il n’est jamais correct d’assimiler un comportement spécifique à un peuple tout entier, mais je désire néanmoins souligner de la manière la plus sincère possible ma profonde déception à l’égard d’un accueil que j'espérais plus chaleureux. A vrai dire, plus on se dirige vers le Sud du pays, plus la situation s'améliore, mais après avoir parcouru le pays du Nord au Sud, je ressentais un certain manque de sourire, de chaleur et de spontanéité ! A ce niveau le Cambodge m'a comblé au-delà de mes espérances.

Pour moi, le Vietnam c’est un grand pays de plus de 80 millions d’habitants, un peuple fier et dynamique ethniquement et culturellement très différent des autres peuples du sud-est asiatique. Bien que je ne me sois encore jamais rendu en Chine, je pense que le peuple vietnamien partage beaucoup de points communs avec leurs voisins du Nord.

Au Vietnam aussi, les idéologies et philosophies sont légions : Taoïsme, confucianisme, bouddhisme, christianisme, marxisme, communisme…

propagande (6)propagande coco

Pour terminer, un dicton célèbre en Indochine raconte ceci : le Vietnamien cultive le riz, le Cambodgien le regarde faire pendant que le Laotien tend fébrilement l’oreille.       

Pour le Vietnam, j’associe la couleur rouge.


IV.Le Cambodge:

Assurément le pays le plus « fun » de notre voyage. Comment ne pas tomber sous le charme de ce pays si singulier ?

Au Cambodge, rien n’est véritablement pris au sérieux et sa population déborde de spontanéité et de bonne humeur. A l’inverse des Laotiens, les cambodgiens n’ont aucune retenue et chez eux, la curiosité est une vertu. Leur gentillesse, leur sourire et leur joie de vivre est une véritable source d’inspiration.

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Ethniquement différents de leurs voisins immédiats, les Cambodgiens ont une couleur de peau très foncée, et des traits de visage plus bruts. Je suis souvent subjugué par la beauté naturelle des femmes du pays. Les enfants, comme souvent en Asie du Sud-est, sont également rayonnants. Selon moi, l’expression « Indochine » prend ici tout son sens ; les khmers traduisent bien le métissage indo/chinois, avec une légère prépondérance de l’indien sur le chinois.

Avec les temples d’Angkor, le Cambodge dispose d’un patrimoine architectural et culturel hors du commun. Ce vaste site est une destination absolument incontournable de la région.

2_Bayon (34)Angkor, Bayon

Après avoir visité les temples d'Angkor, l’immense majorité des visiteurs ne s’éternisent pas au Cambodge. Le reste du pays est donc bien souvent négligé. Il est vrai que le Cambodge hormis les temples angkoriens, ne dispose pas d’autres véritables joyaux capables de rivaliser avec les vestiges de la civilisation khmère. Si vous aimez les plages somptueuses, celles des environs de Sihanoukville sont certes très agréables, mais loin d’être exceptionnelles, vous trouverez bien mieux en Thaïlande.

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Si vous recherchez une grande ville pour l’animation et les sorties, Phnom Penh n’est assurément pas la référence en la matière, si vous aimez les treks en montagne, passez votre chemin, le pays est presque aussi plat que notre bonne vieille Belgique. Bref, rien de véritablement transcendant. Cependant, je vous recommande de parcourir allègrement la campagne khmère proche de Battambang et de ne pas négliger non plus la capitale Phnom Penh.

DSC03239Phnom Penh

Le Cambodge c’est avant tout une expérience de vie inoubliable, renforcée par une population extrêmement attachante. Je me demande souvent comment les cambodgiens peuvent être aussi gais compte tenu de tous les malheurs qu’ils ont dû endurer ces trente dernières années. Les séquelles laissées par les Khmers rouges sont encore bien palpables et l’état de pauvreté dans lequel est plongé le pays n’est pas non plus de nature à rendre hilare. Selon le guide du routard, le PIB du Cambodge est encore inférieur à celui du Laos, c’est peu dire !

C’est en tout cas une destination incontournable et vous invite vivement à vous y rendre. 

14/04/2009

Mekong Delta

Mekong Delta : Day 53

02/04/2009:

Je sors péniblement du lit à 05h30, prends une bonne douche et prépare mes affaires. Je descends à la réception vers 07h00 pour le check-out, mais pas le temps de petit-déjeuner, car le guide nous presse déjà de charger nos bagages dans un tuk-tuk. Nous, c'est-à-dire Kim un coréen, Matt un britannique et une jeune fille assez antipathique dont je ne connais pas l’origine, marchons dix minutes en direction du quai où nous attendent notre bateau ainsi que nos bagages. Après avoir embarqué sur le bateau, nous naviguons une grosse ½ heure avant de nous arrêter une première fois à une ferme piscicole. 1/4 heure plus tard, nous naviguerons à nouveau pendant dix minutes pour nous rendre un peu plus tard sur l’île Con Tien où nous visiterons un village ‘Cham’, minorité musulmane vivant dans le delta du Mékong, mais également de l’autre côté de la frontière.

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Nous reprenons ensuite le bateau vers 09h00 et suis heureux d’apprendre qu’il n’y a plus de visite ‘ringarde’ prévue au programme. Nous quittons alors le Mékong et naviguons sur un de ses affluents où, tout comme au Laos, des dizaines d’enfants, mais aussi des adultes nous saluent avec beaucoup d’enthousiasme. Cela fait du bien de voir à nouveau des gens qui sourient généreusement, car ce fut rarement le cas durant mon séjour au Vietnam. Bien que ce pays ait énormément à offrir aux voyageurs, j'avoue tout de même que je ne quitte pas le Vietnam avec un pincement au cœur, bien au contraire. Je ressens plutôt une profonde envie de découvrir le Cambodge, qui est, parait-il, le vrai pays du sourire.

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Peu après 11h00, nous atteignons enfin le poste frontière. Notre guide collecte nos passeports et s’occupera des formalités pour quitter le territoire, mais surtout pour l’obtention de l’indispensable Visa cambodgien (prix : 20$). Pendant ce temps, je mangerai un petit encas, car mon estomac est bien vide depuis ce matin. Nous devrons pratiquement patienter deux heures avant que le guide ne soit de retour. Les formalités ne s’arrêtent pourtant pas là, nous devons ensuite nous rendre en bateau au poste frontière cambodgien où l’on tamponnera au moins à cinq reprises notre passeport. Nous remontons une énième fois sur le bateau en direction de Neak Luong (Cambodge) et arrivons finalement sur place vers 17h00. Là, nous rejoignons la terre ferme et chargeons nos bagages dans un minibus, qui se rend à Phnom Penh, la capitale du Cambodge.

Nous atteignons finalement Phnom Penh vers 18h30. Kim et moi prenons un tuk-tuk en direction du lac Kak, le quartier routard de la capitale. Arrivés sur place, nous remarquons vite l’atmosphère bohème du lieu et sommes aussitôt assaillis par des vendeurs de marijuana et surtout par les rabatteurs travaillant pour les guesthouses. Nous ne ressentons cependant pas d’agressivité ou d’acharnement de leur part lorsque nous refusons leurs services. Nous atterrissons un peu par hasard à la lakeside Number 10 Guesthouse où nous prendrons chacun une chambre à 4$/nuit. A ce prix là, je vous laisse imaginer le confort rudimentaire ; chambre étroite, eau froide et ventilateur inefficace. 

Après avoir désposé mes affaires dans le chambre, je négocierai avec Andtree, le tuk-tuk driver pour qu’il me conduise le lendemain à travers la ville. Il m'est impossible de tout faire à pied, car les principales curiosités sont assez éloignées les unes des autres et surtout je n'ai qu'une seule journée à consacrer à la ville. Prix final : 12$ de 09h à 18h. Comme Kim accepte de m'accompagner, je partagerai avec lui le prix de la course.

Après avoir déposé nos affaires dans nos chambres respectives, nous irons manger tous les deux dans un petit resto situé dans la rue de l’hôtel. Impossible d’aller plus loin, car une pluie torrentielle s’abat actuellement sur la ville. Elle sera pourtant de courte durée

Je regagnerai ensuite ma modeste chambre vers 10h00 et tomberai rapidement endormi malgré la chaleur suffocante.


Mekong Delta (Chaudoc) : Day 52

01/04/2009:

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Je me réveillons vers 07h00 et petit-déjeune peu après. Une 1/2 heure plus tard, je rejoindrai le groupe et marcherons en direction du quai d'embarquement pour prendre le bateau qui nous mènera au marché flottant de Caï Rang, le plus grand marché flottant de grossistes du Delta du Mékong. Pour les habitants de cette région, les neufs bras du fleuve sont les vraies routes du Delta. Même si depuis quelques années, de nouvelles routes et surtout de nombreux ponts flambant neufs permettent aux marchandises de circuler plus aisément par camion, les marchés fluviaux maintiennent néanmoins une certaine tradition et ravissent toujours autant la curiosité des touristes. Sur le Mékong, nous croisons une multitude de bateaux de différentes tailles, qui circulent en grand nombre et se regroupent à certains points stratégiques. Les commerçants attachent un échantillon de leur marchandise sur un long pic en bois attenant au bateau ; un ananas, une noix de coco, une courge etc. De la sorte, les candidats acheteurs savent exactement où se rendre pour entamer leurs transactions.

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Après le marché flottant, nous irons visiter un autre marché proche du premier, mais cette fois-ci sur la terre ferme. Rien de particulier à mentionner à son sujet, sauf la découverte un peu par hasard d’un petit temple dont les très belles fresques murales ont attiré mon attention. 

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Nous reprendrons ensuite le bateau et serons amenés quelques minutes plus tard à regagner une seconde fois la terre ferme pour la visite d’une fabrique de nouilles. Bien que je ne puisse totalement nier l’intérêt de ce genre de visites, je dois avouer que cela n’éveille pas ma curiosité. Je préfère passer mon temps à photographier les porcelets et les énormes truies qui batifolent gaiement dans la boue de la ferme attenante à la fabrique.

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Après cette rapide visite, nous reprendrons une dernière fois le bateau pour retourner vers la ville de Can Tho et traverserons une seconde fois le marché de Caï Rang. A notre arrivée en ville, nous irons déjeuner dans un petit resto. Je remarque qu’il est possible d’y manger du rat, de l’anguille et du serpent d’eau présenté dans un aquarium (voir photo). J’hésite quelques instants, mais choisis finalement de l’anguille. Je dois avouer que j’ai manqué de courage pour goûter du rat.

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Après le lunch, nous montons à bord d'un minibus qui doit nous amener à Chaudoc et fais la connaissance de Linda et Alex, un sympathique couple de compatriotes de la région d’Overijse. A ce sujet, j'aimerais indiquer que je n’ai pratiquement pas rencontré de Belges depuis le début du voyage. Certains pourraient rétorquer que la population de notre plat pays est somme toute restreinte en comparaison de l’Allemagne ou de la France, ce qui est vrai, mais comment expliquer que j'ai rencontré énormément de Suédois ou de Hollandais, et ce, dans tous les pays que j'ai traversé ? Sans vouloir être déplaisant envers nos compatriotes, je déplore quelque peu leur côté casanier et peu aventureux. Ces observations valent également pour mes précédents voyages en Asie et franchement, les rares Belges que j’ai pu y rencontrer étaient, jusqu’à présent, tous néerlandophones. Francophones, réveillez-vous !

Sur le chemin, nous ferons une petite halte dans une ferme d'élevage de crocodiles. Halte inutile, car peu instructive.

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Nous reprendrons la route juste après et nous arrêterons une seconde fois à 6 km de Chaudoc pour la dernière visite de la journée à savoir le mont Sam et la pagode Chua Hang. Au sommet du mont nous pouvons apercevoir les rizières cambodgiennes, qui se trouvent à moins de deux kilomètres de là.

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Nous arriverons à notre hôtel en fin d’après-midi et suis soulagé de trouver une chambre un peu moins ‘taudis’ que la veille. Après une bonne douche et un peu de repos, je retrouverai Linda et Alex vers 19h00 et partons manger un bout tous ensemble. Par manque de choix, nous irons nous restaurer dans le seul hôtel ‘chic’ de Chaudoc. En entrée, ce sera des raviolis farcis au crabe, le plat consistant, du canard. Nourriture correcte, mais loin d’être exceptionnelle. L’addition est quant à elle totalement indigeste : 400.000 Dong (+/-17€). Après cette agréable soirée, nous retournons tous ensemble à l’hôtel et allons dormir tôt, car demain réveil à 06h pour nous rendre au Cambodge.


 

Mekong Delta (Can Tho) : Day 51

31/03/2009:

Je me réveille tôt ce matin (06h30), car un mini-circuit de trois jours m' attend dans le Delta du Mékong. Le dernier jour, le transport jusque Phnom Penh au Cambodge est également prévu. Prix du forfait 43$ incluant ; un lunch, deux nuits d’hôtel, les différents moyens de transport (bus, bateaux etc.) et les visites prévues au programme. Le prix du forfait me semble raisonnable, mais je sais par expérience qu’au Vietnam rien n’est fait sans la moindre arnaque, je me prépare mentalement à connaitre quelques désidératas et suis bien conscient que nous n’allons certainement pas loger dans des hôtels 5*. A 08h00, je me poste en face de l’hôtel. Le minibus viendra chercher notre groupe ¼ heure plus tard et prendra la route en direction de Mytho la ville du Delta du Mékong la plus proche de Saigon. Nous roulerons deux heures durant avant d’atteindre Mytho. La ville en elle-même n’a rien à offrir, mais est un bon point de départ pour découvrir les îles environnantes comme Dragon Island, Unicorn Island, Turtle Island et Phoenix Island.

De Mytho nous prenons le bateau à destination de Ben Tre où nous visitons une fabrique de confiseries à base de noix de coco. On nous explique tout le tralala… Passionnant ;) Après les quelques rares explications, notre guide et quelques acolytes de la boutique passent rapidement aux démarches commerciales. On tente par tous les moyens de nous refourguer quelque chose, mais ce sera un ‘NIET’ catégorique. Nous remontons à bord du bateau et naviguons jusque Unicorn Island où nous dégusterons un délicieux thé au miel. Faut-il préciser que l’on nous propose d’en acheter ? Après cette petite collation, nous serons amenés à voir un python ’domestiqué’. Pratiquement tout le monde passe pour la photo souvenir, sauf moi. Faut dire que j’ai une frousse bleue de ces bestioles à sang froid.

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Peu après, tout le petit groupe se met en route pour une agréable ballade sur l’île. Une petite ½ heure plus tard, nous atteignons un restaurant où notre lunch est prévu. Comme ce dernier est inclus dans notre forfait, je m' attends déjà au pire. J'avais vu juste, on nous tend le menu avec les prix indiqués dessus et on nous suggère vivement de commander un poisson typique à la région du Delta à savoir un poisson nommé « oreille d’éléphant ». Bien entendu, nous devons payer un supplément non-négligeable. Au grand désarroi du guide, nous préférons tous nous cantonner au repas inclus dans notre ‘package’. Nous serons récompensés pour ce choix en recevant chacun une assiette garnie de deux minuscules rouleaux de printemps, de légumes cuits au wok et baignant dans l’huile et d’un ridicule morceau de tofu. Bombance ce midi !

Après ce ‘copieux’ repas, nous prenons place à bord d'une petite barque de maximum quatre personnes. Aux extrémités de celle-ci, deux femmes coiffées de chapeaux coniques pagaient durant 10 bonnes minutes sur des petits canaux bordés de palmiers d’eau. La végétation y est luxuriante, chouette cadre, qui me rappelle quelque peu certaines images d’Apocalypse Now.

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Vers 16h00, nous montons à bord d’un bus pour nous rendre à Can Tho où nous passerons notre première nuit. Arrivés en face de l’hôtel, le guide fait la bourde de sa vie et nous raconte que nous avions normalement droit à un hôtel de qualité supérieure le long du Mékong, mais que comme ce dernier est malheureusement complet, nous allions finalement obtenir un hôtel de qualité nettement inférieure où l’air-conditionné n’est pas inclus (véridique). Nous sommes donc invités à débourser 5$ p.p. pour pouvoir en bénéficier. Tollé général dans le bus, les critiques fusent de tous côtés. Le guide perd vite patience et répond avec un profond mépris aux remarques de certains passagers. Le pire, c’est que je suis trop blasé par ce genre d’arnaque quotidienne, je ne broncherai pas, je ne paiera pas l’air-co un point c’est tout. Je prends possession de la chambre et suis totalement abasourdi par ce que je découvre ; tenace odeur de renfermé, moquette dégueulasse, draps inexistants, peinture verte pistache sur les murs et le clou de la visite : la baignoire. Je vous passe les commentaires, jugez-en par vous-même.

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Ce soir, j'irai manger au café restaurant Nam Bo, qui est vivement conseillé par le guide du routard. Curieux de nature, je commande un menu à base de serpent (95000 Dong) ; nems à la viande de serpent et un curry de légumes et de reptile.

09/03/2009

Mekong : Houeisai-Pakbeng-Luang Prabang

Pakbeng : Day 26

06/03/2009:

Le bateau repart de Pakbeng vers 10h00 du matin destination Luang Prabang. Le voyage en bateau diffère peu de la veille, sauf qu'aujourd'hui Sylvain m'accompagne. Nous sommes également rejoints par Denis, un sympathique Québécois avec qui nous discuterons durant la majeure partie de la 'croisière'.
Cette seconde descente du Mékong nous semble malgré tout bien plus longue que la veille.  

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Vers 18h00, après 8 heures de navigation, nous sommes bien heureux de fouler à nouveau la terre ferme.
Sur les berges du fleuve, nous saluons Denis. Sylvain et moi prenons un songthaew local en direction du quartier des guesthouses 'bon marché' de Luang Prabang. Prix de la course : 30000 Kip, mais nous négocions à 20000 kip pour nous 2. Sylvain prendra la dernière chambre disponible de la Shanty Guesthouse et je logerai à la Viradesa guesthouse (prix 120000 kip/nuit), mais 100000 kip/nuit après négociations.
Inutile de vous dire qu'à ce prix là, le logement est plus que rudimentaire, pourtant je ne peux pas dire qu'il soit totalement dénué de charme.

Vers 20h30, je rejoins Sylvain pour aller nous restaurer en ville, nous y mangerons correctement, sans plus. 
Vers 22h00, coup de pompe fulgurant, je quitte alors Sylvain et pars dormir Zzzzz.


Pakbeng : Day 25

05/03/2009:

Réveil tôt vers 06h45, ensuite léger petit-déjeuner. Vers 09-09h30 je monte à nouveau à bord du mini-bus direction le poste frontière de Chiang Khong. Là, je remplissons rapidement les quelques formalités nécessaires à la sortie du territoire de Thaïlande. Peu après, je monte à bord d'une pirogue pour traverser le Mékong, qui sert de frontière naturelle entre la Thaïlande et le Laos. Arrivé à Houeisai sur l'autre rive, je débute les formalités pour l'obtention du VISA Laotien et débourse 35$ pour un grossier tampon dans mon passeport.  

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Sur place, une bonne centaine d'occidentaux font exactement la même chose que moi. Vers 11h00, nous sommes tous regroupés dans une grande salle d'un restaurant où un guide officiel du Laos (pays fortement teinté de communisme) nous briefe longuement dans un anglais très convenable. Il nous explique en détail comment se déroulera notre voyage en bateau Houeisai -Pakbeng -Luang Prabang. Etrangement, ce dernier tente par tous les moyens de nous dissuader de prendre le slow-boat et d'opter pour un bus (Houeisai-Luang Prabang) moyennant un supplément. De plus, ses commentaires sont très critiques à l'encontre des ses concitoyens ; vol ou kidnapping de nos bagages à l'arrivée du bateau à Pakbeng, peu de logement décent à un prix raisonnable sauf si l'on débourse 1000 Baht p.p. (ce qui est énorme pour un bled comme Pakbeng) et durée du trajet du premier jour 9 heures au lieu de 6 comme indiqué par le tour operator et le second jour 10 heures au lieu de 8 !
J'avoue que j'ai un peu douté, mais traverser le Laos sans descendre une partie du Mékong est tout à fait inconcevable. Je reste donc sur nos positions tout comme l'immense majorité des occidentaux présents.  

Vers 12h00, nous embarquons tous dans une modeste péniche, pleine à craquer. Nul doute que cette 'croisière' sera mémorable !

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Bien que le confort soit plus que spartiate, la descente du Mékong est un véritable enchantement, loin de toute civilisation. Nous ne rencontrons que très sporadiquement de modestes villages où des enfants à peine vêtus jouent sur les rives du fleuve et nous saluent à notre passage. Une chose est certaine, le spectacle qui nous est offert vaut largement l'inconfort du bateau. Six heures de navigation plus tard, nous arrivons à Pakbeng anticipant de peu la tombée de la nuit.

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Là, les gens sont charmants et nous aident à sortir les bagages du bateau sans rien demander en retour.
Dans le tumulte, un gamin de douze ans m'apporte mon sac à dos, qui était presque aussi haut que lui et lui tends quelques Baht en signe de reconnaissance. Des rabatteurs sont également présents et nous proposent une multitude de guesthouses pour lesquelles les prix tournent généralement autour de 300 Baht la chambre.
Bref, rien ne correspond à la description du soi-disant guide officiel de Houeisai, qui était pourtant bien plus instruit et donc plus crédible que ces modestes villageois. Quel salopard !

J'installerai mon sac dans un modeste bungalow en osier de Bounmee Guesthouse  (300 Baht) et suis agréablement surpris par la propreté de ma salle de bains privée. J'ai même droit à de l'eau chaude, quel luxe !

Je pars ensuite manger un bout dans un petit resto indo-laotien dont le patron est originaire du sous-continent.
Excellent Tikka Masala, du tofu grillé, des pains 'Nan'... Après le repas, je rencontre Sylvain, qui avait été obligé de prendre un bateau différent du mien, accompagné de Nicolas un Californien un peu baba-cool et épris de méditation.

Nous irons tous boire quelques 'Beerlao', bière locale exceptionnelle, bien plus savoureuse que les bières consommées en Thaïlande, c'est peu dire !

http://www.beer-lao.com/age.php?dk=yes

Vers 23h00, nous regagnons nos chambres respectives, car couvre-feu. Dans le bungalow, impossible de fermer l'oeil avant 04h00 du matin, constamment dérangé par les pets virulents de l'américain qui logeait à côté de mon bungalow, les hurlements de joie d'un groupe de jeunes britanniques pleins comme la Pologne, les aboiements des chiens errants et surtout le coq qui s'est installé tout contre ma chambre. Folklorique.