11/04/2009

Saigon

Saigon, Cao Dai, Cu Chi : Day 50

30/03/2009:

Comme deux excursions m'attendent aujourd’hui je me réveille vers 06h30, petit-déjeune et réalise le check-out à l’hôtel Duc Vuong pour me rendre dans un autre hôtel du quartier (15$/nuit). Vers 08h15 un minibus viendra me chercher et fera le tour des guesthouses de la ville pour ramasser d'autres touristes. Je quitte finalement Saigon une ½ heure plus tard, la métropole est bien évidemment congestionnée, mais pas plus que Bruxelles, car, contrairement à notre capitale, la majorité des véhicules sont des deux roues. Première surprise en périphérie de Saigon, notre véhicule s’arrête sur le parking d’une coopérative où figure l’enseigne ‘handicraft’. Notre guide nous fait tous descendre sans la moindre explication, mais comme je n’ai pas payé 6$ pour voir ce genre de pompe à fric pour touristes, je refuse de jouer le jeu et ne rentrerai pas dans la boutique. Fort heureusement pour moi, le minibus redémarrera 10 minutes plus tard et roulera durant presque 2h20 en direction de la ville de Tay Ninh proche de la frontière Cambodgienne (96 kilomètres séparent Saigon de Tay Ninh).

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Vers 11H45, nous arrivons enfin au but de notre voyage, le temple-cathédrale Cao Dai  http://fr.wikipedia.org/wiki/Caoda%C3%AFsme. Au premier coup d’œil, l’édifice me semble très imposant (107m de long), mais surtout résolument kitsch. Construit entre 1933 et 1935, ce temple est issu du métissage religieux de l’art chrétien et de l’art bouddhique. Le Cao Dai est une secte militaro-religieuse fondée dans les années 1920 par un modeste fonctionnaire nommé Ngo Van Chieu. Selon le guide du routard, cet illuminé eut une révélation en 1925. Un esprit nommé Cao Dai « l’œil de dieu » lui aurait ordonné de créer une nouvelle religion unifiant les grandes philosophies religieuses d’occident et d’extrême orient. Depuis lors, la secte s’est considérablement développée et compterait un peu moins de 2.000.000 d’adeptes dans le centre et le sud du pays.

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Nous accèdons à l’intérieur de l’édifice et sommes même autorisé à assister à la messe de midi. Peu avant que ne débute la cérémonie, je remarquerai le comportement d’un touriste Japonais, ‘photographe éclairé’, qui mitraille littéralement les fidèles sans même leur demander leur avis (voir photo ci-dessous qui en dit long sur le tact de cet énergumène). Pour être franc, la visite ne présente qu’un intérêt limité. A peine une ½ heure après notre arrivée au temple, notre groupe part se restaurer avant de reprendre le minibus en direction du sud pour la seconde et dernière visite de la journée.

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Sur le trajet de Cu Chi (+/- 40km au nord de Saigon), notre guide Dong nous communiquera de nombreuses informations sur les tunnels de Cu Chi. Le lieu dispose d’un impressionnant réseau de galeries souterraines creusées à la main par le Vietcong durant la guerre contre les Américains (200km de tunnels au total). Sur place, nous aurons l’occasion de nous rendre compte de la ténacité et surtout de l’ingéniosité de ces paysans qui ont tenu en échec l’armée la plus puissante du monde. Les conditions de vie des civils et des combattants qui se cachaient dans ces tunnels étaient extrêmement éprouvantes. Le jour, les habitants de la région travaillaient la terre pour se nourrir, la nuit ils la creusaient ou livraient bataille. Ennemis invisibles et inépuisables, ces maquisards utilisaient les tunnels pour s’organiser militairement et surtout se mettre à l’abri des bombes, défoliants, napalm, largués par les B52 américains. Bien que la région de Cu Chi fut l’une des régions les plus bombardée du Vietnam, rien ne put cependant arrêter la détermination du Vietcong et des ses sympathisants, même pas la politique militaire préconisée par les USA à savoir : ‘Search and destroy’. Le plus drôle, c’est que plusieurs bases US reposaient, sans le savoir, sur ces tunnels. Les américains ont pourtant essayé de les infiltrer en y envoyant des chiens pour débusquer les maquisards, mais ces derniers subtilisaient du savon utilisé par les GI’s et s’en imprégnaient pour induire en erreur l’odorat des toutous. Après les chiens, les américains décidèrent d’envoyer des soldats d’origines hispaniques ou des sud vietnamiens dont les gabarits convenaient mieux aux très étroits tunnels de Cu Chi. A nouveau, sans succès car bon nombre d’entre-eux finirent empalés sur des tiges en bambou empoisonnées et dissimulées sous des trappes invisibles. Les techniques de guérilla utilisées par les combattants vietnamiens sont tout à fait déstabilisantes pour une armée conventionnelle, les américains en ont fait la triste expérience. Les récits, reportages et films relatifs à la guerre sont légions et décrivent tous un bourbier inextricable. En observant la jungle qui nous entoure, il ne m'est pas difficile d’imaginer le calvaire enduré par les GI’s, sans oublier d’ajouter que les moustiques y sont encore plus redoutables que le Vietcong, et ce, même en pleine journée. Quelle moiteur torride.

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La détermination et l’ingéniosité des Vietnamiens forcent mon admiration et mon respect. Sacré caractère ces Viets, qui en moins de 35 ans ont tenu en échec les Français (près de 92.000 morts sous le drapeau tricolore entre 1945 et 1954), les Américains (58.000 morts côté U.S. de 1965 à 1975), les Chinois (20.000 morts en 17 jours, 1979), destitué le régime sanguinaire des Khmers rouges et annexés le Cambodge (également en 1979). Nombre de succès militaires, mais au prix de millions de morts !!! Même si le site de Cu Chi est une attraction touristique bien rôdée, j'ai néanmoins trouvé cette visite extrêmement passionnante et conseille à toute personne se rendant au Vietnam d’y aller sans la moindre hésitation.  

Après cette longue visite, nous reprenons tous le minibus vers 16h pour retourner à Saigon. Je prendrai une douche à l'hôtel et repartirai tout de suite après retrouver Pieter-Jan, qui vient d'arriver en ville le jour même (je l'ai appris la veille via Facebook). Nous irons manger une enième fois chez Quan Ngon et terminons la soirée dans un bar de Bui Vien. Incroyable, j'ai rencontré ce 'toffe gozer' pour la première fois il y a un peu mois d'un mois au nord de la Thaïlande, l'ai croisé durant la Mekong party de Vientiane au Laos, pris l'avion ensemble le lendemain de Vientiane jusque Hanoi, passé deux soirées dans la même ville pour le retrouver enfin à Saigon. Je n'ose calculer le nombre de kilomètres qui séparent toutes ces villes et pourtant quel hasard de le retrouver à chaque fois !  

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 Saigon : Day 49

29/03/2009:

Aujourd'hui, c'est dimanche. A vrai dire, dimanche, lundi, jeudi...tout cela ne veut plus dire grand chose pour moi. Je profite néanmoins du prétexte du repos dominical pour faire la grasse matinée. Vers 13h30, j'irai grignoter un bol de nouilles dans une gargote de Bui Vien. J'irai ensuite passer une heure de mon temps à dénicher les perles rares parmis les centaines de répliques d'affiches de propagande de la galerie Propaganda. Je me déciderai finalement et achèterai trois exemplaires (27$ p.affiche). J'irai déposer les achats à l'hôtel et prendrai tout de suite après un taxi (80,000 Dong) pour me rendre dans le quartier de Tan Binh à l'ouest de la ville pour visiter la pagode Giac Lam, la plus ancienne de Saigon (1744). 7 Km plus tard, le taxi arrive sur place et je remarque bien vite que je serai le seul visiteur occidental et pratiquement le seul visiteur tout court ! Quel bonheur. Peu intéressante de l'extérieur, la pagode nous éblouit par sa riche décoration intérieure et la magie qui y règne. Difficile de retranscrire mes 'sensations', mais l'obscurité relative du lieu et les chants des bonzes m'ont littéralement envoûté. Sur place, je découvre des autels funéraires, un riche mobilier, de magnifiques statues de bouddha et des photos d'originaux moines en robe à damiers noir & blanc.

Petite information, je rappelle tout de même que la deuxième photo ci-dessous n'est pas une provocation de ma part. Ceux qui me connaissent savent très bien que je n'éprouve aucune sympathie pour le IIIème Reich et si vous y regardez de plus près, vous constaterez très vite que le croix gammée "nazi" diffère sensiblement du Svastika, qui est un symbôle religieux commun à l'hindouisme et au bouddhisme (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Svastika ). 

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Après la visite de la pagode, je reprendrai un taxi en direction de Cholon où vivent un 1/2 million de viets d'origines chinoises. Cholon fut jadis le quartier de la luxure et du vice ; fumerie d'opium et commerces en tout genre. Aujourd'hui, après presque 35 ans de communisme, Cholon est un Chinatown comme les autres, c'est-à-dire bondé de monde, sale, pollué et rempli de bric à brac made in China. Pour être franc, je me suis tellement senti mal à l'aise que j' ai repris un autre taxi en direction de l'hôtel juste après que le premier m'ait déposé. Je n'ai donc pas de photos à vous montrer, mais croyez-moi, vous n'avez rien perdu !    

http://www.youtube.com/watch?v=PfuxJ0mzQ7A

Vers 20h30, je retournerai manger chez Mumtaz (le resto indien de la veille) et irai boire ensuite quelques bières Larue sur la terrasse supérieure du Go-Go Bar (rien à voir avec les gogo bars de Bangkok). Dodo vers 02h00.


Saigon : Day 48

28/03/2009:

Je sors enfin vers 11h00 après avoir changé de chambre (dorénavant 22$/nuit), mais je reste néanmoins dans le même hôtel. Je découvre en premier lieu la célèbre rue Bui Vien "quartier routard" où se trouve mon hôtel. Le guide du routard la compare à Khao San Road (voir Bangkok Day 2), mais je préfére largement Bui Vien, qui est nettement moins dénaturée et surexploitée que Khao San Road.

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Ensuite, je marcherai environ trois km en direction de l'avenue Nguyen Hué qui s'apparente quelque peu aux Champs Elysées, mais version "extrême orient". C'est l'avenue chic de Saigon, les enseignes internationales y sont nombreuses et contrastent violemment avec les quelques rares affiches à la gloire du parti. Un peu partout dans la ville, je constate très vite que l'esprit d'entreprise et le sens du commerce sont indiscutablement plus développés à Saigon qu'à Hanoi. Un large fossé sépare les deux métropoles à tel point que l'on pourrait se demander si l'on est toujours bien dans le même pays.

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Je prendrai quelques photos du siège du comité populaire, bâtiment construit par les Français entre 1900 et 1908 et qui fut à l'époque jugé peu esthétique par ses contemporains. Sans pour autant me ravir, je ne partage pas non plus l'avis des critiques. Juste en face de l'édifice, trône une élégante statue de l'oncle Ho 'Ho Chi Minh'.  

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Tout de suite après, je prendrai la direction de la cathédrale Notre-Dame, datant également de l'époque coloniale et construite entre 1877 et 1880 dans un style très "France profonde" pour reprendre les termes du guide du routard. Le monument est moche et sans intérêt, mais pourtant tellement exotique au Vietnam.

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Peu après, je traverserai la route pour me rendre à la poste centrale de la ville, qui ressemble à s'y méprendre à une gare. Construite entre 1886 et 1891, elle peut se vanter de disposer d'une charpente métallique réalisée par Gustave Eiffel. C'est indéniablement le plus beau bâtiment colonial de la ville. J'y flânerai longuement et prendrai de nombreuses photos.

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Il est déjà plus de 14h30, les crocs se font sentir et je tombe par hasard sur un restaurant Quan Ngon (voir commentaires Hanoi) et irai manger quelques escargots accompagnés de sauce au gingembre et à la citronnelle, du porc grillé et des nouilles, quelques boulettes de boeuf cuites au bouillon, une salade de papaye verte garnies de très fines tranches de boeuf séché. Je quitte le resto une bonne heure plus tard et longe peu de temps après le palais de la réunification mondialement rendu célèbre le 30/04/1975 lorsqu'un char nord-vietnamien enfonça les grilles du palais marquant ainsi la chute du gouvernement sud-vietnamien, la magistrale débacle des Américains et surtout la fin de la guerre, qui a duré 30 longues années (1945-1975, guerre initiée par le Vietminh contre les Français). Je veux prendre quelques photos, mais impossible avec les grilles qui entourent le bâtiment sauf si je m'acquitte du droit d'entrée de 15000 Dong. Comme je veux absolument terminer la journée par la visite du musée des vestiges de la guerre avant sa fermeture (17h00), je n'aurai pas ma photo ! Dommage, mais je vous annexe deux photos d'archives (la seconde a été prise du toît de l'ambassade US). Les plus de 40 ans s'en souviendront.

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http://www.youtube.com/watch?v=zh90n7Hb-VQ

Vers 16h00, j'arrive finalement au musée des vestiges de la guerre, qui malgré un total manque de partialité et une propagande ostentatoire en faveur du Vietcong, n'en est pas moins initéressant. Pour preuve, le précédent nom du musée était "le musée des crimes de guerre américains". Des trophées de guerre dérobés aux yankees trônent sur l'esplanade faisant face au musée ; hélicoptères, avions, chars, mitrailleuses. Dans les bâtiments, je parcours diverses salles ; l'une est dédiée aux poignantes photos de guerre prises par des photographes/journalistes tombés durant les combats (plus de 100 au total dont de nombreux Français, Américains, Japonais, Allemands...). Certains clichés sont encore présents dans l'esprit collectif, même pour moi qui suis né après la fin de la guerre. Le choc des images ! Une autre salle présente les dizaines d'affiches de soutien publiées de par le monde qui défendaient la cause du peuple vietnamien ou fustigeaient l'impérialisme américain. Une dernière salle relate les sévices endurés par la population civile ; photos de blessés, mutilés, malformations des enfants suite à l'utilisation massive de défoliants et j'en passe. C'est sans aucun doute la plus terrible de toute. Il m'est difficile de rester insensible à ces horreurs et je vous invite à consulter le tableau comparatif ci-dessous. Inutile de vous en dire plus.

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Vers 17h00, je retourne à pied à l'hôtel. Sur place, je consulterai mes mails, prendrai une bonne douche et irai manger tout de suite après chez Mumtaz, un restaurant indien qui se trouve près de l'hôtel sur la rue Bui Vien. Pour moi, manger indien c'est toujours un évènement tout comme les gosses qui ont droit à leur 'Magic Box' mensuelle chez Quick, bref c'est la fête ! Je commanderai 1/2 poulet tandoori, du Nan (pain), du raïta http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=16291. Même si le poulet n'était pas à la hauteur de mes espérances, je persiste à dire que la cuisine indienne est de loin celle que je préfère. Après le repas, je téléphonerai à ma mère, mon père, mes grands-parents et à mon filleul pour son anniversaire (en retard bien évidemment). Quel bonheur de les entendre. Pour terminer, je retournerai squatter un pc de l'hôtel pour updater le blog jusque 23h30.


Saigon : Day 47

27/03/2009:
 
C'est mon dernier jour à Hoi An. Comme le check-out a lieu à 11h30, je tarde un maximum dans ma chambre d'autant plus que le vol pour Saigon n'est prévu qu'à 21h et le taxi ne viendra pas me chercher avant 18h30. Lorsque je sors enfin de la chambre, je déposerai mes bagages à la réception de l'hôtel et irai manger à quelques encablures de là
. Ensuite, un peu d'Internet. Je suis agréablement surpris de constater que le nombre de visites sur le blog augmente de jour en jour. Presque 2000 visites au total, ce qui est peu et beaucoup à la fois, mais je suis extrêmement ravi.

Vers 14h30, je me rendrai à l'orphelinat de la ville où la KIANH Foundation http://www.kianh.org.uk/ est active depuis 2002. J'ai reçu plusieurs prospectus de cette association lors de mon séjour à Hoi An et notre guide encourage les routards à s'y rendre pour réaliser divers dons, du bénévolat ou ne serait-ce même que pour nous sensibiliser aux pénibles conditions de vie des orphelins au Vietnam. Sur place, j'éprouve un certain malaise à la vue des enfants souffrant des handicaps les plus lourds. La malformation craniènne de la petite fille qui se trouve à quelques centimètres de moi m'interpelle fortement. Mes sentiments sont doubles, ils oscillent entre compassion et répulsion, mon visage est blême. Sur place, je rencontre également deux bénévoles occidentaux dont une hollandaise avec qui je discuterai quelque peu. Elle me dira qu'elle y travaille depuis un mois et que l'encadrement des enfants s'est sensiblement amélioré depuis l'arrivée de la fondation Kianh. Autrefois, tous les enfants handicapés (presque la moitié des pensionnaires de l'orphelinat) ne quittaient jamais leur lit, livrés à eux-mêmes. Dorénavant, des kinés, orthopédistes, pédiatres, bénévoles occidentaux y séjournent régulièrement. Le financement du projet par les touristes et les particuliers permet de former le personnel local et d'offrir un cadre de vie plus agréable aux enfants. On nous informe que le 'coût' d'un enfant par jour est de 10,000 Dong, soit un peu moins de 0.50 d'euros.  

Ce qui me révolte le plus, n'est pourtant pas le manque flagrant de moyens, mais le nombre impressionnant de malformations des nourrissons dans certaines régions du Vietnam. Nul doute que l'utilisation massive de défoliants, de napalm et surtout d'agent orange (liquide à base de dioxine) par l'armée américaine y est pour quelque chose. Selon mon guide, 72.000.000 de litres de produits chimiques ont été déversés durant la guerre sur les trois pays de l'ex Indochine et plus particulièrement sur le centre et le sud du Vietnam. Entre 2.000.000 et 4.000.000 de personnes ont été affectées par ces substances provoquant aujourd'hui encore de nombreux cancers et malformations génétiques. Scandaleux.

Juste avant mon départ, je distribuerai quelques paquets de crayons à l'attention des enfants valides et déposerai un peu d'argent dans l'urne. Expérience très confrontante, je resterai bien pensif les deux heures qui suivront la visite. 

http://nl.wikipedia.org/wiki/Agent_Orange

Vers 18h30, le taxi viendra me chercher et roulera à tombeau ouvert jusque Danang. Quel soulagement d'arriver sain et sauf à l'aéroport. 20h45, on nous signale que le vol est retardé de 45 minutes. Comme je devais arriver très tard à Saigon (le retard de l'avion n'arrangera rien), j'avais réservé la veille une chambre dans le quartier routard de Pham Ngu Lao. Prix 27$, sans doute la chambre plus chère depuis Luang Prabang (voir Day 27). 21h45 l'avion décolle et nous arrivons 1h plus tard à Saigon. Après avoir réceptionné mes bagages, je prendrai un taxi (100,000 Dong) jusqu'à l'hôtel. Accueil très agréable, notre chambre bien que de petite taille est très confortable. Comme je ne trouve pas le sommeil, je regarde avec délectation "la cuisine au beurre" avec Fernandel et Bourvil sur TV5.

 

 

25/03/2009

Hué

Hué : Day 42

22/03/2009:

Réveil vers 07h00, je passerai mon temps à observer les jolis paysages ruraux ; rizières et scènes de vie typiques. Arrivée en gare de Hué à 11h00, encore une fois pas de surprise, je suis accosté par des rabatteurs, mais pas de cohue comme à Lao Cai (Sapa) ou Hanoi. Je négocie un peu et paie 45000 Dong au taximan pour m'amener à l'hôtel. Inutile de vous dire qu'il a essayé par tous les moyens de m' amener à un hôtel ami, mais je refuse poliment. Mes premières impressions de Hué sont bonnes ; la ville, de taille humaine, me semble plus aérée qu'Hanoi. Le taxi longera beaucoup de bâtiments publics bien entretenus ainsi que de nombreuses villas coloniales, mais ce qui me plaît le plus c'est l'omniprésence de parcs et de plans d'eau. J'arrive dix minutes plus tard à proximité de l'hôtel Halo, qui se trouve dans une petite allée en retrait de la grand route. L'accueil est particulièrement agréable dans cette pension familiale. Je prendrai une chambre sobre, mais propre à 8$. Très bon rapport qualité/prix. Après avoir déposé mes bagages, je réserve immédiatement, via l'hôtel, le bus du lendemain pour me rendre à Hoi An, charmant petit bourg dont le guide fait l'éloge (prix du bus 2.5$). Hoi An, tout comme la cité impériale de Hué, est classée patrimoine mondial par l'Unesco, mais ce qui me conforte le plus ce sont les témoignages unanimes des touristes que j'ai rencontré jusqu'à aujourd'hui et qui abondent dans le même sens que le guide. Destination incontournable. 

Comme je ne compte pas rester longtemps à Hué, je ne m'attarde pas à l'hôtel et traverse immédiatement le pont sui surplombe la rivière des parfums pour arriver sur l'autre rive où se trouvent les curiosités touristiques.

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Affamé je prendrai un lunch et me sentirai, juste après, totalement épuisé. La chaleur torride qui s'abat sur la ville n'arrange absolument rien au problème. J'arrive finalement 1/2 heure plus tard à la porte d'entrée de la cité impériale de la citadelle et m'acquitte de 55000 Dong pour le droit de visite. Hormis le cavalier du roi, la porte de midi, le palais du trône, le temple du culte des empereurs Nguyen et quelques annexes secondaires, force est de constater que le reste du site n'est que ruine. Une vidéo didactique m'apprendra que l'armée américaine bombarda massivement le site en 1968 lors de l'offensive du Tet :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_du_T%C3%AAt 

En effet, le Vietcong avait pris possession de la citadelle lors d'une période de trève et en a profité pour hisser son drapeau au nez et à la barbe des américains. Les images de cette scène ont fait le tour de monde. 

Du point de vue historique, la citadelle fut construite sur l'initiative de Gia Long, fondateur de la dynastie des Nguyen. La citadelle a un périmètre de 10km et s'inspire de la cité interdite de Pékin. A l'heure actuelle, environ 60000 personnes vivent à l'intérieur de cette ville dans la ville. D'un point de vue culturel, seule la cité impériale mérite véritablement une visite. 

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Je consacrerai deux bonnes heures à la découverte du site, qui malgré un intérêt certain, ne me fait pas forte impression. Vers 16h00, exténué, j'irai faire une petite sieste. Je me réveille vers 18h00 et suis pris de nausées, de problèmes gastriques et ai un peu de température. Le pire est que je n'ai plus aucune force et surtout pas d'appétît ce qui est tout à fait exceptionnel chez moi. Plus tard dans la soirée, je serai pris de vomissements, prendrai les médicaments adéquats et retournerai une enième fois me coucher. J'espère juste que ces soucis de santé ne perdureront pas